A la CFE-CGC, l’annonce de la fusion EADS-BAE intéresse. Mais le syndicat anticipe mal toutes les conséquences et reste prudent sur le volet social.
Une demi-surprise. L’annonce d’une possible fusion entre EADS et BAE n’était pas dans le radar des syndicalistes d’EADS. Mais elle n’étonne pas forcément. "L’Europe de la Défense se construit, et on sait que ça discute dans tous les sens !", confirme Ludovic Andrevon, délégué général CFE-CGC d’EADS, qui juge trop précipité de déterminer si cette opération est bonne ou pas.
"Tom Enders est dans la droite ligne de la stratégie mise en place par Louis Gallois : EADS doit faire plus de croissance et gagner des parts de marché dans le secteur de la défense pour arriver à un équilibre avec le civil".
Gabriel Artero, président de la CFE-CGC Métallurgie et salarié d’EADS, reste prudent, mais le premier sentiment est plutôt positif : "Si c’est le début du commencement d’une concentration au niveau européen, que nous prônons depuis un moment, c’est une bonne chose. Un Airbus de la Défense, ça peut devenir intéressant".
Quelques interrogations
"Nous allons étudier les impacts", avertit néanmoins Ludovic Andrevon. "BAE est déjà un partenaire d’EADS sur l’A400M, sur l’Eurofighter et les missiles à travers MBDA. Mais nous allons surtout regarder les fonctions achats, financières ou relations humaines, c’est là où sont les risque potentiels pour l’emploi", explique le responsable syndical. Selon lui, c’est chez Cassidian que les effets devraient être les plus importants.
Pour les responsables syndicaux, la fusion annoncée soulève quelques interrogations : quid des partenariats entre Dassault et BAE (notamment sur les drones) ? Quelles vont être les réactions des Dassault et autres Safran, Thales ou Nexter, sans parler des concurrents européens ? Quid de la participation d’EADS dans Dassault ? Comment l’Etat français, pour l’instant peu disert sur la fusion, va se positionner ? Quelles conséquences sur les programmes militaires en cours ? "C’est le début des questions", résume Gabriel Artero.









