EADS : Arnaud Lagardère plaide l'ignorance25/10/2007
Le dirigeant du groupe éponyme a démenti tout délit d'initiés devant la Commission des finances de l'Assemblée, ajoutant qu'il disposait des mêmes informations que l'Etat français au sein d'EADS.
Arnaud Lagardère confirme et signe. Dans le cadre de l'enquête parlementaire sur les conditions de la vente d'une partie de ses actions EADS, le patron du groupe éponyme a de nouveau démenti tout délit d'initié. « Je vous le dis au fond des yeux : je ne savais pas et donc l'Etat ne pouvait pas savoir non plus » car « ce que je savais, ce que je sais, l'Etat le savait et l'Etat le sait. Je ne veux pas laisser la moindre ambiguïté sur ce point-là. Il n'y avait absolument aucune divergence, aucune différence sur l'information entre l'Etat actionnaire et Lagardère actionnaire », a-t-il déclaré lors de son audition par la Commission des finances de l'Assemblée nationale. Les propos d'Arnaud Lagardère confirment ceux accordés au Journal du Dimanche, le 14 octobre dernier, selon lesquels Matignon était informé en temps réel des retards du programme A380 d'Airbus, alors même que les représentants de l'Etat plaident l'ignorance sur ce dossier. Une thèse confirmée par Pierre Leroy, cogérant et secrétaire général de Lagardère qui, lors d'un débat sur LCI, a souligné que « l'Etat était parfaitement informé » de la cession des titres EADS par le groupe Lagardère. L'héritier de Jean-Luc Lagardère a justifié le calendrier de vente de ses titres EADS. Il confie avoir été accaparé entre 2003 et 2005 par la succession financière de son père et par la bataille entre Philippe Camus et Noël Forgeard pour la tête d'EADS, profitant ensuite de sa première « fenêtre de tir » possible pour vendre 7,5% du capital. Cette enquête parlementaire fait suite à l'ouverture d'une procédure par l'Autorité des marchés financiers (AMF) sur des ventes suspectes de titres EADS de la part de dirigeants et actionnaires du groupe avant l'officialisation des retards du super-jumbo de l'avionneur européen. Celle-ci devrait se terminer au début de l'année prochaine. Elle porte à la fois sur les conditions dont certains dirigeants d'EADS et de sa filiale Airbus ont exercé leurs stock-options en novembre 2005 et en mars 2006 et sur celles qui ont entouré la cession, le 4 avril 2006, par Daimler et Lagardère de 7,5% du capital d'EADS chacun. Après les dirigeants de la Caisse des dépôts et consignations il y a quinze jours, Arnaud Lagardère ce jeudi, ce sera au tour de Dominique Strauss-Kahn d'être auditionné demain par les députés sur « les conditions d'élaboration » et « le contenu du pacte d'actionnaires d'EADS ». Philippe Roger |
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