Durban : des entreprises françaises satisfaites
Par Camille Chandès - Publié le
Après quinze jours de négociations, la 17ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique s'est achevée ce dimanche 11 décembre à Durban. Damien Leonard, responsable du pôle Energie Climat de "Entreprises pour l'environnement", y était. Son association regroupe une quarantaine de grandes entreprises françaises et internationales), et pour lui, il y a de quoi être se réjouir des négociations en Afrique du Sud.
L'Usine Nouvelle - Les 190 pays présents à Durban se sont mis d'accord sur une feuille de route visant à signer un nouvel accord en 2015 afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Est-ce une avancée ou finalement un nouvel échec ?
Damien Léonard - On peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Le bilan de Durban est dans l'ensemble positif. Tout d'abord, le protocole de Kyoto devrait se poursuivre jusqu'en 2017. Ensuite, un accord global sera signé en 2015, avec une application prévue en 2020, pour prendre le relais.
C'est une première : tous les pays sont tombés d'accord sur une feuille de route de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Toutes les économies, même celles ayant refusé jusqu'ici comme la Chine, les Etats-Unis et l'Inde, sont désormais dans le jeu.
En revanche, cet accord n'est juridiquement pas contraignant. Et sa forme très floue : le texte évoque un "protocole" ou "un instrument légal" ou "une solution concertée ayant forme légale". Il reste aussi à éclaircir la manière dont seront vérifiées les actions de réduction des émissions des pays.
Par ailleurs, il n'y a pas eu de réelle avancée sur les ambitions de limiter le réchauffement climatique de 2°C. De grosses questions restent donc encore à trancher.
Les entreprises sont-elles satisfaites de ces décisions ?
Les entreprises françaises étaient en faveur d'une poursuite du Protocole de Kyoto sans avoir à mettre sur la table l'objectif de réduction de 30% (NDLR : l'Union européenne avait proposé de porter son objectif de réduction de 20 à 30% d'ici 2020 en cas d'accord global contraignant. Une décision à laquelle s'opposaient les entreprises).
Nous sommes soulagés d'avoir une visibilité à long terme grâce à un accord mondial. Les industriels veulent en effet une réciprocité dans les règles du jeu : il faut avancer mais il faut le faire en groupe pour des questions de concurrence. Les entreprises sont aussi rassurées par le fait que la poursuite du protocole de Kyoto sécurise le Mécanisme de développement propre (MDP, mécanisme permettant aux entreprises et aux Etats qui investissent dans des projets de réduction des gaz à effet de serre dans les pays en développement d'obtenir des crédits carbone).
Qu'en est-il du Fonds vert, acté à Cancun en 2010 et destiné à aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement climatique ?
Sa gouvernance a été actée avec un accord conclu sur la composition de son conseil. L'Allemagne devrait verser 14 millions d'euros pour les frais de fonctionnement du secrétariat.
Le point négatif est qu'il n'y a pas eu d'accord sur les sources de financement. Plusieurs pistes ont été évoquées pour alimenter ce fonds qui doit être doté de 100 milliards de dollars par an : celles de taxer le transport maritime et l'aviation mais aussi des taxes sur les transactions financières. A quel niveau les pays s'engageront ? Ses questions restent là encore à trancher.

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