En l’espace de quelques mois, trois cadres dirigeants venus d’autres secteurs ont pris fonction chez le constructeur.
Renault a renouvelé depuis le début de l’année un bon nombre de postes clés de dirigeants. Thierry Koskas, le "Monsieur véhicule électrique de Renault" a ainsi laissé sa place à Béatrice Foucher. Gérard Leclercq a lui troqué sa casquette de directeur des Fabrications et de la supply chain pour celle de directeur des Opérations France.
Le constructeur a profité du départ en retraite d’un certain nombre de ses cadres pour réviser son mode de direction. En quelques mois, Jean-Michel Billig, Stefan Müller et Thierry Bolloré ont pris leurs fonctions de directeur des ingénieries et de la qualité, de directeur des opérations de la région Europe et de directeur des Fabrications et de la supply chain. Alors que la marque au losange cultive la promotion interne, elle a cette fois choisi de faire appel à des cadres venus d’Eurocopter pour Jean-Michel Billig ou de Faurecia pour Thierry Bolloré.
"C’est un changement salutaire, note Fred Dijoux, délégué central CFDT. Ce changement est positif car il apporte une grille de lecture nouvelle sur l’entreprise". Ces jeunes quinquagénaires sont tous des experts dans leurs domaines, souligne le cabinet de consulting Roland Berger. Thierry Bolloré est un opérationnel spécialisé dans le manufacturing, Jean-Michel Billig dispose d’une culture poussée en ingénierie. Stefan Müller traîne lui une réputation de "super-vendeur".
Mise à distance
Ces changements ont aussi permis à Renault de renforcer sa politique de direction opérationnelle par plaque géographique de production. Stefan Müller prend ainsi la direction des opérations de la région Europe, qui comprend désormais la France.
Mais derrière ce renouvellement des cadres se cache la fin de la réorganisation suite à la fausse affaire d’espionnage, qui avait éclaté début 2011. "Ces mouvements depuis l’affaire semblent avoir mené à un resserrement autour de Carlos Ghosn et à un certain éloignement de dirigeants proches de la pensée Patrick Pélata [ancien numéro 2 de Renault, qui a démissionné après l’affaire, ndlr]", explique Bernard Jullien, directeur du Gerpisa.









