VIDéO A l’occasion du salon de l’automobile qui se déroule à Paris, les déclarations politiques et syndicales se sont multipliées au cours des deux derniers jours. Mais d’autres dossiers industriels ont aussi été sur le devant de la scène.
Arnaud Montebourg a fait parler de lui ce week-end. Suite à des manifestations de la part des salariés de Ford et de PSA dans les allées du salon, le ministre du Redressement productif a fait savoir via son compte Twitter qu’il se rendrait au Mondial, comme réclamé, mais aussi qu’il allait recevoir les salariés de PSA pour revenir sur le dossier Aulnay notamment. Une précision qui revient sur ce qui était prévu selon l’agenda du ministre.
Arnaud Montebourg avait des obligations dans son département de Saône-et-Loire, a affirmé à l'AFP le ministère, en assurant qu'il n'avait jamais été question pour lui de venir ce week-end au Salon de l'automobile. L'agenda officiel du ministre, transmis par Bercy la semaine dernière, comprenait pourtant bien "l'ouverture officielle du Salon de l'automobile (Porte de Versailles)" samedi à 9H30.
Pas de nationalisation chez ArcelorMittal
Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a indiqué dimanche qu'une nationalisation des hauts fourneaux lorrains de Florange, que leur propriétaire luxembourgeois ArcelorMittal envisage de fermer, n'était "pas à l'ordre du jour".
"A chaque fois qu'on a nationalisé, l'Etat n'a pas été un très bon gestionnaire", a fait remarquer le ministre, ajoutant que l'Etat n'avait pas d'argent en ce moment. La direction d'ArcelorMittal, qui "souhaite se désengager" du site, doit rendre publique sa décision lundi lors d'un Comité central d'entreprise.
"Nous avons posé des exigences", a rappelé le ministre. "Nous avons demandé que, s'il prend cette décision, qu'il nous laisse deux mois pour nous permettre de rechercher une solution de reprise".
Des fermetures chez Renault aussi ?
Parallèlement au Mondial de l’auto, le numéro deux du groupe Renault Carlos Tavares a expliqué que le groupe Renault n’exclut pas la fermeture d’usines en raison de la morosité du marché automobile actuel en Europe. Dans un entretien au journal allemand Automobilwoche, il confie "Nous verrons. Nous discutons actuellement avec les syndicats et nous leur expliquons nos difficultés de compétitivité, affirme-t-il. Nous avons un problème de compétitivité en Europe de l'Ouest et en France".
Il a tout de même reconnu, comme déjà suggéré dans un entretien accordé à L’Usine Nouvelle sur le Mondial, que l'alliance de Renault avec Nissan disposait de données précises sur les niveaux de productivité des usines Nissan de Sunderland, au Royaume-Uni, et de Barcelone en Espagne. Toutes deux sont des usines top d’après le numéro deux du groupe.
Dans le domaine de l’aéronautique cette fois, une source proche du gouvernement brésilien a fait savoir vendredi soir que le pays allait repousser à 2013 la décision sur l’achat de 36 avions de chasse par son armée de l’air. Soit un contrat de plus de cinq milliards de dollars pour lequel concourt notamment le groupe Dassault avec son Rafale.
Les patrons de BAE et d'EADS parlent
Tom Enders, le patron d'EADS, et Ian King, son homologue dans le groupe britannique de défense, expliquent implicitement, dans une tribune libre publiée sur le site du Monde dimanche soir, qu'une entrée au capital de la nouvelle entreprise du gouvernement allemand, une opération extrêmement coûteuse et politiquement difficile dans un pays où l'Etat n'a pas pour habitude d'entrer au capital des industries, n'est pas nécesssaire.
"Nous proposons de remplacer les accords avec les actionnaires, qui donnent actuellement à Daimler, Lagardère et l'Etat français un contrôle conjoint d'EADS", pour créer "une entreprise dont les structures de gouvernance (...) conféreraient les même droits à tous les actionnaires, quelle que soit leur taille", précisent les deux patrons.
L'effort fiscal
Sur le plan économique, le ministre du Budget Jérôme Cahuzac a affirmé lors d’un entertien au Grand Rendez-Vous Europe 1/I-Télé/Le Parisien dimanche que le nouveau budget, marqué par une hausse de 20 milliards d'euros de la fiscalité, n'augurait pas de nouveaux efforts demandés aux Français et a assuré que la stabilité en matière d'impôts prévaudrait après 2013.
"L'effort fiscal, nous le demandons en 2013. Il n'y aura pas d'effort fiscal ensuite car le président de la République s'est engagé à la stabilité", a indiqué le ministre du Budget.
Chérèque menace
Le numéro un de la CFDT a expliqué dimanche être prêt à quitter la table de la négociation syndicats-patronat sur la réforme du marché du travail si la loi sur le rachat de sites viables était débattue à l'Assemblée avant le terme des discussions, prévu pour la fin de l'année. "Je tiens à mettre le gouvernement et les députés en garde, a prévenu le leader cédétiste lors de l'émission "Le grand jury RTL-Le Figaro-LCI. Si les députés commencent à débattre une loi, la CFDT se retirera sur le champ de la négociation, et la négociation +historique+ du Président de la République, ce sera un échec historique".
"On a une feuille de route", qui guide la grande négociation syndicats-patronat sur la "sécurisation de l'emploi", "et là, d'un seul coup, Arnarud Montebourg dit à Florange je vais déposer une loi la semaine prochaine", s'est étonné M. Chérèque, qui se dit par ailleurs favorable au "principe" d'une telle loi.









