Du mardi 4 avril 2006
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leAlcatel-Lucent : seuls les marchés saluent la fusion Comme prévu, Renault passe un mauvais trimestre GM cède 51 % de sa filiale financière Pékin met la main sur l'Uranium australien Arcelor devrait choyer ses actionnaires Vene
Alcatel-Lucent : seuls les marchés saluent la fusion
« Quel silence ! Un grand groupe français vient d'orchestrer la naissance d'un géant industriel mondial et pas une voix ne s'élève pour s'en féliciter », s'étonne la Tribune. Les marchés, qui étaient restés prudents et silencieux jusque là, certainement échaudés par l'échec des premières négociations, ont salué le rapprochement hier, offrant à l'action Alcatel un bond de 4,78 %, 13,38 euros, rapporte les Échos. Mais les voix...Où sont les voix ? « Où sont donc passés les thuriféraires du patriotisme économique, ceux qui prêchent pour une mondialisation repeinte aux couleurs de la France ? Aux abonnés absents, s'indigne la Tribune. [...] À croire que chez nous l'émotion est à sens unique et au bénéfice des seuls loosers ». Ces loosers « Airbus de l'agroalimentaire », « Airbus de la sidérurgie » ou « Airbus du gaz », pour qui, lorsqu'ils sont attaqués ou simplement menacés, les voix du « patriotisme économique » résonnent de mille feux. « Mais visiblement, les chefs d'entreprise conquérants [...] n'ont pas droit à autant de sollicitude. » Dommage.
Comme prévu, Renault passe un mauvais trimestre
Le constructeur au losange a vu ses immatriculations de voitures neuves reculer de 13,3 % en mars et de 6 % sur les trois premiers mois, sur un marché français qui a légèrement fléchi de 2,5 % le mois dernier. Une baisse prévue par l'ex-Régie du fait de l'absence de vraie nouveauté cette année. Reste que la baisse est en train de se transformer en chute libre. En effet, remarque la Tribune, si l'on enlève les résultats de sa marque à bas coûts Dacia, Renault dégringole de 16,5 % en mars et de 10,1 % sur les trois premiers mois. Exceptées les ventes de la Clio, petit modèle remodelé récemment, qui croissent de 50 %, tous les autres modèles sont en berne. Et cette fois, la marque au losange n'est pas sauvée par son partenaire nippon. « Car Nissan, victime d'une gamme souvent peu séduisante en Europe, fait encore pire, avec un effondrement de ses immatriculations de 14,2 % sur le mois et de 23 % sur le trimestre », conclut la Tribune.
GM cède 51 % de sa filiale financière
Le constructeur d'automobiles américains, General Motors, a vendu hier 51 % de sa filiale de services financiers GMAC à un consortium emmené par les fonds de capital-investissement Cerberus et Citigroup Alternative Investissements, pour 14 milliards de dollars. « Une décision douloureuse, rapporte la Tribune, car GMAC est la seule filiale bénéficiaire de GM » avec 2,4 milliards de dollars de profit l'année dernière, quand GM a perdu plus de 10 milliards dans le même temps ! « Mais, GM n'avait pas le choix », poursuit les Échos. La forte dégradation de la note de sa dette menaçait celle de sa filiale et sa capacité à emprunter à des taux raisonnables. Résultat : GMAC empruntait à des taux élevés sur les marchés financiers et n'était plus en mesure de proposer des crédits attractifs aux clients de GM. « Réagissant à l'annonce d'hier, les trois grandes agences financières Standard&Poor's, Moody's et Fitch ont maintenu la pression, tant sur GM que sur sa filiale », rapporte les Échos. Depuis 2005, elles considèrent les dettes de GM et de GMAC comme des « junk bonds », et pour l'instant elles n'ont pas changé d'avis.
Pékin met la main sur l'Uranium australien
En déplacement en Australie, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a signé un accord historique à Canberra : il a obtenu de son homologue, John Howard, la livraison de 20 000 tonnes d'Uranium par an, vraisemblablement à partir de 2010. Pékin, qui a prévu de construire entre 20 et 30 réacteurs nucléaires d'ici à 2020, assure ainsi son approvisionnement énergétique auprès de l'Australie, qui abrite 40 % des réserves mondiales connues de ce minerai, note les Échos. La Tribune s'interroge sur la « possibilité physique pour les australiens de livrer 20 000 tonnes d'uranium par an », alors que la production nationale actuelle se limiterait à 10 000 tonnes. Par ailleurs, rapportent les deux quotidiens, Canberra souhaite recevoir des garanties sur l'utilisation réelle du minerai et refuse tout détournement à des fins militaires.
Arcelor devrait choyer ses actionnaires
« Pour résister à l'Offre publique d'achat hostile de Mittal Steel, Arcelor est plus que jamais mobilisé », rappelle les Échos. Hier, le sidérurgiste luxembourgeois a tenu un Conseil d'administration qui a débattu et adopté de nouvelles « mesures anti-Mittal ». Pour convaincre ses actionnaires de ne pas lâcher leurs titres, Arcelor devrait proposer aujourd'hui un dividende exceptionnel qui viserait à porter à 50 %, voire plus, le taux de distribution de son résultat net, contre 20 % actuellement, rapportent les Échos et la Tribune. Le profit dégagé par Arcelor en 2005 ayant été de 6,26 euros par action, il s'agirait de verser au moins 3 euros de dividendes (ordinaire + exceptionnel). Une telle mesure contraindrait Mittal à baisser de façon importante la part en cash de son offre.
Venezuela : Total et Eni perdent le contrôle de deux champs pétroliers
Le Venezuela a pris le contrôle de deux champs pétroliers exploités par les compagnies italienne Eni Dacion et française Total, rapportent le Wall Street Journal et la Tribune. Cette décision fait suite au refus des deux sociétés de signer un accord d'association avec la compagnie nationale PDVSA. Contrat obligatoire depuis l'adoption par le gouvernement du Venezuela du nouveau statut des compagnies étrangères opérant dans le pays, convertissant les contrats d'exploitation en sociétés mixtes avec PDVSA. Un contrat bien moins favorable au niveau des impôts et des royalties... Total exploite le champ de Jusepin qui produit 33 000 barils par jour et Eni celui de Dacion d'où sortent 50 000 barils par jour. Les 17 autres compagnies présentes au Venezuela (dont Royal Dutch Shell, Chevron, Repsol, Exxon...) ont signé l'accord avant la deadline fixé à vendredi dernier par le gouvernement d'Hugo Chavez, note le Wall street Journal.
À demain !
Bertrand BEAUTÉ

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