Du mardi 21 mars 2006
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leLes anti-CPE toujours sous pression. Résultats mitigés pour les opérateurs télécoms. Il faut « promouvoir l'efficacité énergétique ». Le torchon brûle entre la France et l'Italie. Réforme de l'hypothèque pour relancer la consommati
Les anti-CPE toujours sous pression.Surfant sur le mécontentement des lycéens et des étudiants devant la fermeté du Premier ministre, les organisations syndicales veulent mobiliser les salariés. La plupart des syndicats, CGT, FO et SUD sont favorables à une journée de grève interprofessionnelle mardi prochain. Les anti-CPE comptent sur une amplification du mouvement, alors que Matignon fait le pari inverse, remarque les Echos. Dominique de Villepin semble rester inflexible sur le « contrat première embauche », pour autant, il poursuit ses consultations tout azimut et resterait ouvert sur des modalités d'application. Alors que le Medef ne s'est jusqu'ici guère montré favorable à son projet, il a reçu hier une vingtaine de grands patrons du CAC 40. Ces derniers ont suggéré au Premier ministre d'adoucir son texte, note la Tribune. Ils ont proposé que la fameuse période d'essai soit réduite à un an ou lieu de deux et que l'employeur soit tenu de justifier la rupture du contrat.
Résultats mitigés pour les opérateurs télécoms.
La table ronde organisée hier à Bercy sous l'égide de François Loos, le ministre délégué à l'Industrie, entre les opérateurs télécoms et internet et les associations de consommateurs, accouche d'un bilan contrasté, rapportent la Tribune et les Echos. Sur les 21 engagements pris il y a six mois lors d'une première réunion, neuf restent encore en discussion. Ce sont les opérateurs du secteur mobile qui semblent le plus traîner les pieds. Des progrès ont néanmoins été accomplis, notamment sur la séparation entre les équipements et les services, sur le lancement d'offres qui ne dépassent pas 12 mois, ainsi que sur la portabilité plus rapide du numéro de téléphonie mobile. De même, des améliorations vont être effectuées sur la qualité des services et sur l'information des tarifs et de la durée prévisible des appels vers ces derniers. Par contre, le gros problème de la tarification des temps d'attente pour l'assistance téléphonique demeure dans le flou, alors que le ministre en a demandé la gratuité d'ici à la fin de l'année, sous peine d'être amené à légiférer sur le sujet.
Il faut « promouvoir l'efficacité énergétique ».
Les Echos consacrent leur enquête aux problèmes énergétiques, en recueillant une longue interview de Claude Mandil, le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, en Russie ou en Afrique pèsent encore sur les approvisionnements, que l'Iran réclame son indépendance nucléaire, que les économies asiatiques réclament de quoi alimenter leurs fortes croissances et que les électriciens et gaziers européens sont engagés dans une vaste course à la consolidation, le patron de l'AIE plaide pour l'efficacité énergétique. Il estime que le protocole de Kyoto n'est qu'un premier pas, et qu'il faudra aller infiniment plus loin en entraînant les pays récalcitrants. Pour cet ancien grand commit de l'Etat qui est passé par les cabinets ministériels, le BRGM, Gaz de France ou encore l'Institut français du pétrole, l'important n'est pas tant l'indépendance énergétique, surtout si elle s'obtient à des coûts prohibitifs, que la flexibilité des approvisionnements.
Le torchon brûle entre la France et l'Italie.
L'interventionnisme du gouvernement français sur le dossier Suez a réveillé des tensions plus anciennes sur de nombreux dossiers économiques, analyse la Tribune. Alors que de nombreux groupes français ont déjà mis la main sur des entreprises italiennes, notamment dans l'agroalimentaire et la banque et que des poids lourds hexagonaux tel EDF ont fait irruption dans le paysage énergétique italien, le capitalisme transalpin a du mal à s'ouvrir le marché français. Même les d'appels d'offres pour des privatisations, comme celles des sociétés d'autoroute il y a quelques mois, ne leurs ont pas été favorables - l'italien Autostrate qui convoitait APPR n'a pu mener son projet à bien - et les manoeuvres du Crédit agricole autour de Banca Intesa et celles de Bolloré autour de Generali ne sont pas là pour rassurer. Pour autant, remarque les Echos, un compromis pourrait être trouvé entre Suez, Gaz de France et Enel. Des contacts officieux auraient lieu depuis quelques jours entre les différents protagonistes de l'affaire. Sachant que les projets de fusion, d'un côté ou d'un autre amèneront forcément des problèmes de concurrence, la cession de certains actifs pourrait servir de monnaie d'échange afin de trouver une issue honorable.
Réforme de l'hypothèque pour relancer la consommation ?
Pascal Clément, garde des Sceaux, présentera demain en Conseil des ministres une réforme du crédit hypothécaire ou droit des sûretés. Présenté sous forme d'ordonnance, le projet est destiné à simplifier la prise d'une hypothèque et à en diminuer le coût. Il créerait le prêt hypothécaire rechargeable et le viager hypothécaire, indiquent les Echos et la Tribune. Le premier pourrait permettre à un emprunteur immobilier ayant déjà remboursé une partie de son crédit, de contracter un nouvel emprunt gagé sur la valeur de son logement. Le second pourrait permettre de recevoir une somme d'argent, sous forme de rente ou de capital, proportionnelle à la valeur de son bien. Des spécialistes estiment déjà que la portée de cette réforme pourrait être limitée, du fait que plus de la moitié des prêts immobiliers est garantie par une caution financière. Néanmoins son intérêt serait de rendre le patrimoine immobilier des ménages plus liquides, pour les spécialistes de Bercy, elle pourrait avoir une influence sur la relance de la consommation.
Risques de surproduction dans les semi-conducteurs.
Selon une étude du cabinet IC Insights Inc, il existerait des risques de surcapacités dans les mémoires flash NAND dès la fin de cette année ou le début de l'année prochaine. Ces puces équipent les baladeurs, lecteurs de fichiers MP3 et appareils photo numériques. Un ralentissement notable de la demande de ces produits devrait entraîner une chute des prix plus prononcée que prévue au premier trimestre, note les Echos. Pour le coréen Hynix Semi-conductor, numéro deux mondial, la baisse pourrait atteindre plus de 25 %. Sur l'année complète elle pourrait culminer à 50 %. Le marché de ces puces non volatiles a atteint en 2005 près de 11 milliards de dollars, en croissance de 65 %. L'étude estime que les marges pourraient rapidement être laminées, car malgré la chute des prix, les dépenses d'investissements devraient encore augmenter de 10 % cette année, pour culminer à plus de 50 milliards de dollars. Tous les grands fabricants ont en effet délaissé les productions plus anciennes de mémoires Dram notamment, pour se lancer sur ce marché plus lucratif et ne semblent pas pour l'instant anticiper un vrai renversement de tendance.
Didier RAGU
A demain avec Bertrand !

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