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Du fil à retordre pour François Demoulin

Par Sylvie Andreau - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3100

Le groupe textile de 1 112 salariés a été placé en redressement judiciaire le 5 mai. Son nouveau président devra gérer cette situation auquel il n'était pas préparé.

Moins de trois mois auront suffi au nouveau président du directoire pour mesurer l'ampleur des difficultés de DMC. La semaine dernière, François Demoulin déposait un dossier devant le tribunal de commerce de Paris pour cause « d'importantes difficultés de trésorerie ». Dans la foulée, il partait en Alsace informer de sa décision les salariés des quatre sites industriels du groupe créé il y a plus de 250 ans.

Lundi, il a obtenu le placement en redressement judiciaire de Dollfus-Mieg et Cie (DMC). Chacune des trois branches dispose de sa période d'observation : six mois pour DMC SA, le leader mondial du fil à broder, 550 salariés ; trois mois pour DMC Tissus, la branche filature, ennoblissement et sportswear, 340 personnes et deux mois pour la chaîne de magasins Loisirs et Création, 215 salariés.

« Je pensais trouver DMC dans une toute autre situation », avoue aujourd'hui François Demoulin, 56 ans, nommé fin février. A son arrivée, confiant dans les trois moratoires récemment signés pour le rééchelonnement de la dette, dans le plan social déjà finalisé et la mise en vente de Loisirs et Création, il pense le groupe en voie de redressement. Vu de l'extérieur, la nomination de ce centralien à l'expérience industrielle solide passe aussi pour un signe encourageant. Elle met un terme à trente-cinq ans de direction de Jacques Boubal, le patron « historique » de DMC. Spécialiste de la sous-traitance automobile (Knorr-Dahl, Legris Industries, Faurecia), passé par la métallurgie (Gantois), François Demoulin occupait depuis 2006, la fonction de PDG de Parisot avant de rejoindre DMC. « J'ai connu des situations difficiles chez Gantois et Parisot, mais on s'en est sorti », reconnaît le dirigeant, qui se défend d'être un spécialiste du redressement d'entreprise. Cette nouvelle expérience chez DMC lui permettra peut-être d'en devenir un. L'an dernier, le chiffre d'affaires du groupe textile a reculé de 18,9 % à 145,5 millions d'euros, contre une baisse de 4 % « seulement » en 2006. DMC affiche une dette bancaire de 20 millions d'euros tandis que sa valeur en Bourse a fondu à 23,5 millions d'euros avant la suspension de la cotation la semaine dernière. Cinquante fois moins qu'il y a quinze ans. « Chacune des trois sociétés est positionnée sur un métier et exploite un savoir-faire et une marque propre », insiste François Demoulin. Leur état de santé et leurs perspectives sont aussi disparates. Si l'activité « fil à broder » (DMC SA, 70 millions d'euros de chiffre d'affaires), est restée longtemps profitable, l'enseigne de distribution Loisirs et Création ne parvient pas à enrailler une désaffection chronique pour le loisir créatif. La division « tissus », elle, n'a pas su maintenir sa compétitivité face à la chute du dollar et à la concurrence asiatique. Le tribunal de commerce a bien pris acte des différences de potentiel entre filiales. François Demoulin pourrait les mettre à profit pour sauver celles qui peuvent l'être

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