Du débat présidentiel à Technicolor, une semaine d’industrie

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Débat présidentiel - 2 mai 2012

C'était la semaine de la dernière ligne droite pour les deux candidats à la tête de l’Etat. Avec pour point d’orgue le débat télévisé de près de 3 heures. Dans l’industrie, le groupe Sanofi est dans la tourmente et la justice rend deux grandes décisions sociales.

Fait marquant
Semaine 18 sur le calendrier : François Hollande et Nicolas Sarkozy n’ont plus que quelques jours pour convaincre avant le second tour. Et les deux hommes multiplient les interventions. Le président sortant organise un grand rassemblement autour du vrai travail le 1er mai, jour de la fête du …travail. Un meeting en plein air, qui fait écho au défilé traditionnel des syndicats, placé sous le thème du pouvoir d’achat. Et cette année, nombreux sont les salariés d’entreprises industrielles à prendre part à la marche dans Paris. Notamment ceux de PSA Aulnay qui s’inquiètent de l’avenir de leur usine. Tous veulent se faire entendre des deux candidats à la présidentielle.

L’autre grand rendez-vous très attendu de la semaine est le débat organisé entre les deux hommes. Chômage, TVA sociale, nucléaire ou encore énergies renouvelables, toutes les questions économiques et industrielles sont évoquées. Le candidat socialiste profite de ce débat pour revenir notamment sur son contrat de génération consistant à exonérer de charges l'emploi simultané d'un senior jusqu'à la retraite et l'embauche d'un jeune en CDI, ainsi que ses propositions pour relancer la croissance au niveau européen. Quant au président sortant, il attaque son adversaire sur le déficit des comptes publics et sur la question du nucléaire, un atout pour la France que le socialiste entend mettre à mal.

Pour revivre le débat, L’Usine Nouvelle vous propose une sélection de vidéos par grandes thématiques. Car ce soir-là le débat était aussi multimédia. En effet, sur Twitter, les politiques et entrepreneurs ont échangé des petits messages de 140 signes ou ont commenté les déclarations des candidats. Par exemple, pour la première fois depuis la création de son compte, Mathieu Pigasse de la banque Lazar a démenti une information mise en avant par le président sortant.

Le candidat socialiste, c’est lui qui refait l’actualité dans l’industrie vendredi, pour le dernier jour de la campagne. Interviewé sur RTL, il affirme aimer les "compotes avec des morceaux d’un industriel du Lot", sans citer son nom. Mais s’il aime Andros, pour ne pas le nommer, c’est aussi parce que le patron du groupe est en contact avec lui dans son département de la Corrèze.

Lundi 30 avril
Le Royaume de Jordanie a présélectionné le réacteur français de moyenne puissance Atmea conçu par Areva pour l’appel d’offres nucléaire. Le groupe français et son allié japonais MHI restent en compétition faire au groupe russe Atomstroyexport. Mais l’enjeu pour le consortium porte sur la construction du premier modèle de son réacteur de moyenne puissance. Un modèle qui doit permettre aux pays de dépasser la puissance d’un réacteur type EPR.

L’industrie est en deuil. L’inventeur de la carte à puces est décédé le 29 avril. Roland Moreno a été à l’origine du développement du secteur du numérique et du succès mondial du groupe français Gemalto, qui affiche un chiffre d’affaires de deux milliards d’euros. L’invention de Moreno a notamment permis la création de la carte bancaire dès les années 80, et aujourd’hui l’essor de nombreuses cartes SIM, de carte Vitale ou encore de pass Navigo.

Mardi 1er mai
Toyota et Chrysler ont performé en avril. C’est en tout cas ce qui ressort des chiffres publiés le 1er mai aux Etats-Unis. Les deux constructeurs ont respectivement enregistré des hausses de ventes de 25,5% et 20%. Le groupe Volkswagen ne démérite pas non plus avec une progression de 27,3% de ses ventes à 37 525 unités. Reste que deux géants de l’automobile américaine voient leurs immatriculations reculer. Il s’agit de GM dont les ventes ont baissé de 8,2% et de Ford qui fait état d’un retrait de 5% sur un an. Tous deux sont victimes de la chute des ventes de voitures aux parcs d’entreprises et aux loueurs. Ford est aussi plombé par les résultats en berne de sa berline Fiesta.

Après l’affaire Repsol, le dossier REE ? La Bolivie décide de prendre le contrôle du réseau électrique géré par le groupe espagnol REE. Le président bolivien a signé un décret afin de prendre le contrôle des 99,94% de Transportadora de Electricidad (TDE) détenus par Red Eléctrica Internacional, filiale du groupe espagnol Red Electrica Corporacion (REE), gestionnaire du réseau de transport d'électricité espagnol. Deux semaines après l’Argentine et l’expropriation de Repsol de YPF, Madrid tente de rassurer et estime que la Bolivie celle-ci était "un cas distinct" de l’Argentine. De son côté REE demande une compensation significative.

Mercredi 2 mai
Très mauvaise nouvelle pour le directeur général de Sanofi et pour le groupe. Ils sont condamnés en Algérie dans une affaire de surfacturations de matières premières. Une affaire révélée en août 2010. Leur est reproché d’avoir "transférer des sommes colossales en devises vers Sanofi Winthrop Industrie, sa filiale, en France". Le tout en procédant par la surfacturation de deux matières premières, le Glyper et l'Alphamylase, acquises auprès de cette société mère.  Thierry Lefebvre écope d’une peine d’un an avec sursis et Sanofi d’une amende de 20,4 millions d’euros environ. Face à ce verdict, Sanofi exprime sa surprise et son incompréhension. Le groupe va faire appel de la décision dans les plus brefs délais.

Le gouvernement annonce que le FSI va entrer au capital du groupe Technicolor au côté de la banque JP Morgan. Elle renforce sa participation pour détenir 29,96% du capital du groupe en difficulté. Une information communiquée par le ministre de l’Industrie à l’intersyndicale du groupe. Cette annonce va permettre "d’assurer la stabilité de l'actionnariat et la participation de l'Etat français aux grandes décisions d'avenir concernant Technicolor". Le groupe annonce qu’il va procéder par ailleurs à une augmentation de capital pour un montant compris entre 147 et 158 millions d’euros.

Jeudi 3 mai
Décision très attendue. La Cour de cassation a enfin tranché dans le dossier Vivéo. Les juges ne peuvent donc pas annuler un plan social pour absence de difficultés économiques. Une décision qui va donc soulager les entreprises. La Cour de cassation estime que vu le code du travail, "seule l'absence ou l'insuffisance du plan de sauvegarde de l'emploi (…) entraîne la nullité de la procédure de licenciement pour motif économique".

Une nouvelle étape est franchie par Renault et Nissan dans la montée au capital d’Avtovaz. L’Alliance annonce avoir investi 750 millions de dollars pour obtenir 67,13% des parts d’une joint-venture créée avec la société publique Russian Technologies. Au total, la nouvelle société détiendra alors 74,5% des parts du capital du constructeur russe à l’horizon 2014.

Vendredi 4  mai
Après la Cour de cassation, c’est au tour du Conseil constitutionnel de faire l’actualité. Sur le thème du harcèlement sexuel. Les Sages de la République, consultés dans le cadre d’une question préalable de constitutionnalité, estiment que la loi n’était pas conforme à la Constitution. Les personnes poursuivies dans des affaires non jugées définitivement ne peuvent plus être condamnées. Les affaires en cours sur la base de ce texte seront closes.

Le secteur du bois est en alerte et le fait savoir. Les dirigeants du pôle de compétitivité Xylofutur souligne que la balance commerciale du secteur ne cesse de se dégrader depuis 10 ans pour atteindre aujourd’hui un niveau négatif de 6 milliards d’euros. Une situation qui pousse les industriels à interpeller les pouvoirs publics pour qu’ils prennent conscience de la situation de la filière. Ils réclament notamment la mise en place d’un comité stratégique de filière.

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