Doux, un roi de la volaille déchu

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Usine Doux - Chateaulin
© Doux

Triste saga que celle du volailler Doux. Le fleuron de l'industrie volaillère française est en perdition, suspendu à la décision du tribunal de commerce de Quimper. Il doit trancher ce 5 septembre sur les offres de reprise partielle du pôle frais du groupe, en liquidation depuis le 1er août.

Si l'été a été noir pour les salariés de PSA Peugeot Citroën, ceux du groupe volailler Doux ont subi de plein fouet la désintégration progressive de leur entreprise, premier producteur européen de volailles avec 1 million de tonnes sortant de ses usines chaque année.

Depuis la création de son premier abattoir en Bretagne, en 1955, le groupe fondé par Pierre Doux a pourtant connu le succès à chaque étape de son prolifique développement. Le rachat de la marque Père Dodu, en 1991, signe l'apogée d'une entreprise familiale devenue empire industriel, symbole de la vitalité et de la prospérité de la filière avicole française.

Mais les difficultés financières liées à sa filiale brésilienne, une filière française malmenée par la concurrence allemande, et la potentielle mauvaise gestion du PDG Charles Doux conduisent au placement en redressement judiciaire du volailler le 1er juin.

Le pôle frais démantelé, un millier d'emplois sur le carreau

Après quelques semaines d'observation, les juges quimpérois prennent le 1er août la décision de scinder le groupe Doux en deux et de procéder à la liquidation du pôle frais. Le 10 août, cinq dossiers sont déposés au tribunal de commerce de Quimper.

Les sociétés Duc, Glon Sanders, LDC, le groupe coopératif Axéréal et l’entreprise Tallec (dirigée par un ancien de Doux, Briec Bounoure) ont fait des offres partielles, parfois en leur nom propre, parfois en commun sous la bannière du consortium Sofiprotéol.

Au total, elles prévoient de ne conserver que 720 emplois sur les 1692 du pôle. Sur les neuf sites, certains n’intéressent pas les repreneurs : c'est le cas de Graincourt, dans le Pas-de-Calais (254 emplois), pour lequel les salariés espéraient encore cette semaine le dépôt d'une offre après le retrait récent de la proposition d'un investisseur iranien.

Concernant celui de Blancafort, dans le Cher (244 personnes), une offre de dernière minute est finalement déposée le 1er septembre par Glon Sanders et Duc, avec 130 emplois conservés dans un premier temps. Le site de Sérent (Morbihan) voit, lui, l'entreprise Tallec retirer précocément son offre de reprise de 145 emplois sur les 175 que comptent le site.

Les juges pourraient taire leur décision jusqu'à lundi

Malgré l'amélioration modérée de certaines offres de reprise à l'incitation du ministre délégué à l'agroalimentaire, le 4 septembre, les syndicats du groupe ont exprimé leur colère, déçus par le peu d'emplois sauvegardés.

Ils réclament également le dessaisissement du tribunal de commerce de Quimper, dont les juges sont, selon eux, trop proches des intérêts du PDG du groupe. Ce 5 septembre, les juges bretons examinent les offres de reprise partielles des cinq candidats, pour un jugement attendu au plus tard lundi 10.

A propos des autres activités de Doux (export et produits élaborés), le tribunal a prolongé la période d'observation et réserve sa décision au 30 novembre prochain.

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