Doux fragilise 3 600 salariés et 800 fournisseurs

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Volaille
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Le tribunal de commerce de Quimper a décidé de placer en redressement judiciaire le groupe Doux pour une période de six mois. Le groupe volailler avait choisi de financer son développement principalement par emprunts plutôt que par des apports en fonds propres. Un modèle remis en cause aujourd’hui.

La première région française d'élevages est sous le choc depuis l'annonce des difficultés structurelles de celui qui a longtemps été considéré comme un géant de la volaille. Il y a d'autant plus d'inquiétudes, qu'une restructuration sociale paraît inévitable dans les différents sites de Doux qui emploient 3 600 salariés, essentiellement en Bretagne.

Mais les activités du groupe ne sont pas totalement mises en péril. Déjà, se présentent d'éventuels repreneurs pour une partie des activités du groupe volailler. Le sarthois LDC s'est récemment déclaré intéressé par les produits Doux dédiés à la France, il s'agit des références à la marque Père Dodu.

Par contre, pour ce qui concerne les productions destinées à l'international, la situation est beaucoup plus compliquée et aléatoire. En effet, le modèle du groupe est depuis des années dépendant des aides européennes (les restitutions) pour ses marchés du Moyen-Orient. Doux a ainsi touché 55 millions d'euros en 2011, mais l'Union européenne devrait, à plus ou moins longue échéance, mettre un terme à ces subventions.

Expectative

Quant aux 800 éleveurs qui approvisionnent les usines, ils sont dans l'expectative puisque le dépôt de bilan va geler leurs factures en attente. Depuis quelques semaines, Doux avait retardé le paiement de ses fournisseurs avec des délais pouvant dépasser les 80 jours. Certains éleveurs ont donc préféré quitter le groupe et travailler avec la concurrence.

Le redressement judiciaire, provoqué par une dette de 430 millions d'euros, devrait permettre d'y voir plus clair dans les activités brésiliennes de Doux. L'industriel avait racheté à la fin des années 90 la société Frangosul et ses 12 usines. Un rachat à l’origine d’une dette de 200 millions d'euros suite à la dévaluation de la monnaie locale, le real, mais aussi à cause du coût élevé des matières premières. Les usines brésiliennes de Doux sont depuis quelques semaines exploitées en location gérance par le groupe JBS, mais cette formule ne règle en rien sa fragilité financière puisque le repreneur n'apporte pas d'argent frais.

Reste que le cas de Doux est unique dans l'Ouest de la France où il y a peu de risque de contagion à l'ensemble de la filière volailles. L'industriel finistérien a financé son développement principalement par emprunts plutôt que par des apports en fonds propres. Les autres groupes de l'Ouest ne sont pas dans ce cas. Si la filière reste très fragile car le poulet et la dinde sont des productions à faible valeur ajoutée, la consommation mondiale continue de progresser de 3 à 4 % par an, cette viande étant sans interdit religieux.

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