Donner un prix au carbone pourrait créer 14 millions d’emplois
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Dans son rapport annuel sur le travail dans le monde, l’OIT estime les recettes générées par une valorisation du prix du carbone pourrait permettre de défiscaliser le travail et d’accompagner la croissance verte.
L’organisation internationale du travail (OIT) s’ajoute à la liste des partisans d’une taxation des émissions de gaz à effet de serre. Son rapport sur le travail dans le monde 2009, publié hier, estime que donner un prix au CO2 permettrait de créer 14,3 millions de nouveaux emplois d’ici 2014, soit une progression nette de 0,5 %. Le dispositif devrait d’abord pousser la croissance verte en incitant les entreprises à investir dans les technologies décarbonées, dans les énergies alternatives et dans des mécanismes de développement propre (MDP) qui permettent aux pays en développement de réduire eux-aussi leur intensité carbonique. Mais c’est surtout l’utilisation de la manne financière issue du mécanisme qui présente un grand intérêt.
Se basant sur plusieurs études, le rapport estime que le passage à une économie plus verte ne devrait ni renchérir sensiblement le coût des marchandises ni freiner l’activité économique. Une condition toutefois : Que les nouvelles recettes soient utilisées efficacement. Dans l’hypothèse où les Etats conservent pour eux les revenus du carbone sans mesure compensatoire, l’emploi pourrait fortement décliner. Et même paradoxalement de manière plus importante dans les secteurs à faible intensité carbonique du fait de retards dans les ajustements ! Pour l’OIT, l’emploi augmentera en revanche de façon importante si les nouvelles ressources servent à réduire la fiscalité du travail comme en Suède ou en Allemagne. Avec là encore un paradoxe : les secteurs les plus polluants pourraient être les principaux bénéficiaires de la mesure car ils sont aussi les plus dynamiques et donc les plus taxés ! Pour avoir ce que le rapport appelle « le double dividende », pour l’emploi et pour l’environnement, l’OIT conseille donc un mix combinant une réduction de la fiscalité du travail et des subventions pour les industries qui produisent peu de gaz à effet de serre.
Une nécessaire réforme financière
Avec ce rapport, l’agence des Nations Unies aborde d’autres aspects du travail. Plutôt optimiste, elle estime notamment que l’économie mondiale montre des signes encourageants de reprise et que « les pertes d'emplois ont été moins importantes que ce que les crises précédentes auraient pu laisser supposer ». Sans doute grâce aux mesures de relance mises en place par les gouvernements depuis le début de la crise. Pas d’euphorie malgré tout. La crise de l’emploi dépasse largement les chiffres du chômage avec des réductions subies du temps de travail, un chômage partiel important et des activités sous perfusion qui pourraient connaître des lendemains qui déchantent.
L’OIT estime par ailleurs que la crise mondiale de l'emploi n'est pas terminée et qu’il faudra sans doute attendre 2013 pour revenir au niveau d’emploi d’avant crise dans les pays développés. En attendant, 43 millions de travailleurs âgés, peu qualifiés ou migrants pourraient entrer dans une spirale infernale de chômage longue durée ou d’exclusion pure et simple du marché du travail, quittant le rang des chômeurs pour rejoindre celui des inactifs. Partout dans le monde, le sentiment de la précarité de l'emploi est en augmentation, insiste le rapport. Conclusion : « un désengagement prématuré des mesures de relance serait contreproductif et grèverait les budgets sur le long terme ». L’OIT recommande d’ailleurs un Pacte mondial pour l'emploi qui instaurerait « une mondialisation équitable et durable » et une réforme du secteur financier qui « s'est développé au-delà des limites raisonnables » et dont les « pratiques se sont étendues à l'économie non financière ».
Olivier Descamps
1 réaction
la zoule | 09/12/2009 - 19H27
Encore une étude a la mode socialiste dite " AUBRY " pour confondre la création d'emploi et la création de charges ou comme avec les 35 heures le monde de la productivité a pris 12 % de charge en plus .
Enfin c'est juste mon avis

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