Ce mardi 3 juillet, devant l’Assemblée nationale, jean-Marc Ayrault a prononcé son discours de politique générale. Le Premier ministre a ainsi précisé comment seront tenus les engagements pris par François Hollande au fil de la campagne présidentielle. Il a également les grandes réformes du quinquennat.
Rien ne sera possible si nous ne retrouvons pas la croissance
Ce combat se mène sur deux fronts. Un front intérieur : celui du redressement productif ; un front européen : celui d’une réorientation de la politique de l’Union.
Le redressement productif doit passer par la mobilisation de toutes les forces, de toutes les énergies de la France et de tous les secteurs économiques : les services ; l’industrie ; l’agriculture et l’industrie agroalimentaire ; l’économie maritime ; le tourisme et la culture ; l’économie numérique, la recherche ; l’économie sociale et solidaire…
Le redressement productif, c’est d’abord la volonté de rompre avec la désindustrialisation qui est à l’oeuvre.
Un plan de reconquête industrielle sera prochainement présenté par le gouvernement, avec pour ambition de repositionner la France au meilleur niveau mondial. Un pays qui n'a pas d'industrie est un pays qui n’a pas d’avenir.
En 10 ans, la part de l’industrie dans la richesse produite en France a été divisée par 2, passant de 26% à 13% et 750.000 emplois industriels ont été perdus.
Mon gouvernement entend mettre un terme à ce décrochage ! C’est le sens du "pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi" que je vous propose. Il sera au coeur de la conférence sociale du mois de juillet.
Des mesures seront prises pour lutter contre les plans sociaux abusifs et rechercher des solutions alternatives pérennes.
La compétitivité structurelle est l’une des clés essentielles du redressement : comme dans d’autres pays européens, la spécialisation autour de créneaux porteurs, l’innovation, la valorisation de produits de qualité fonderont notre stratégie industrielle.
Nous avons des atouts. Je veux donner à la France une avance compétitive dans le domaine des nouvelles technologies, faire émerger des champions nationaux, voire européens. Nous prendrons appui sur le Commissariat général à l’investissement, qui soutient des projets d’excellence au service de l’innovation et de l’économie de demain.
La finance sera mise au service de l’économie réelle. C’est pourquoi seront séparées les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives.
Il n’est pas acceptable que nos entreprises et en particulier nos PME continuent d’être confrontées à des difficultés de financement. La création du livret épargne industrie permettra de drainer l’épargne disponible, à des fins productives. Les activités génératrices de croissance bénéficieront du soutien de la Banque publique d’investissement, qui sera mise en place avant la fin de l’année et qui travaillera en liaison avec les territoires.
Les PME seront l’objet d’un soutien déterminé : elles doivent pouvoir profiter pleinement des commandes publiques et bénéficier de dispositifs fiscaux avantageux. Elles ne peuvent pas supporter les mêmes taux d’imposition que les multinationales ! Leur croissance doit être encouragée, car c’est en se développant davantage qu’elles pourront se tourner vers l’exportation et conquérir de nouvelles parts de marché.
Nous offrirons à nouveau à nos agriculteurs un projet d’avenir, dans le cadre d’une politique agricole commune consolidée et rénovée.
Au niveau européen, les exigences croissantes en faveur de la qualité des produits et de modes de production plus respectueux de l’environnement sont une chance pour nos agriculteurs et nos professionnels de l’agroalimentaire. Nous stimulerons, à travers une loi cadre, le développement d’une agriculture diversifiée, durable et performante.
Nous devons faire preuve d’une nouvelle ambition pour notre commerce extérieur. Les 70 milliards d’euros de déficit, en 2011, après 10 années de dégradation de notre compétitivité externe, sont le résultat du laisser-aller et du laisser-faire. C’est le contraire de l’état d’esprit qui anime mon gouvernement !









