DIRECTEUR DE L' INNOVATION CHEZ SEB
Par PAR CHRISTOPHE BYS - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3250
ENQUêTE Du laboratoire, où il manie et teste aspirateurs et autres autocuiseurs, au comité d'investissement de SEB Venture, l'agenda de Jean-Christophe Simon reflète la diversité de ses missions.
Accompagner une semaine durant Jean-Christophe Simon, c'est un peu rendez-vous en terre inconnue. « Mes journées ne se ressemblent jamais », assure le directeur de l'innovation de Seb. Comme il le dit, en s'amusant, son emploi du temps est son premier terrain d'innovation. Un jour en usine, le lendemain avec des financiers, le surlendemain avec des chercheurs... Il jongle entre stratégie d'entreprise, recherche appliquée, marketing, production et évolutions sociétales. Une diversité qu'il a cultivée lors de ses études : ingénieur diplômé de l'Insa en thermo-énergétique et titulaire d'un DEA en combustion, il a aussi passé une thèse consacrée à l'optique. « Pendant mon temps libre, j'allais à l'IAE de Paris suivre les cours de MBA ! » Ce profil atypique, c'est un chasseur de têtes qui l'a repéré à Tokyo, où il dirigeait une coentreprise entre Nikon et Essilor. Et qui lui a proposé un défi à la hauteur de ses compétences : devenir le premier directeur de l'innovation de Seb. C'était il y a dix-huit mois. Depuis, il invente chaque jour sa mission.
IL PROFITE DU CALME MATINAL POUR PHOSPHORER
Jean-Christophe Simon apprécie les moments de solitude au bureau, en train ou en voiture, « des lieux propices à la réflexion ». Ce sont des moments privilégiés pour élaborer la stratégie d'innovation à moyen terme. « Je dois trouver les moyens pratiques pour développer la co-conception, intensifier les échanges, le partage des meilleures pratiques entre les business units », détaille-t-il. Dans le train, il lit les articles qu'il a préalablement téléchargés sur son iPad, dont il confesse ne plus pouvoir se passer. Dans son bureau d'Ecully (Rhône), il réfléchit aussi à l'organisation de son service, qui compte 60 personnes. « Depuis un an, nous avons embauché une dizaine de salariés, dont un anthropologue et une spécialiste du crédit impôt recherche. » Deux recrutements qui en disent long sur le périmètre de son poste.
IL VISITE UNE USINE ET TESTE DES PRODUITS
« L'innovation ne se décide pas dans une salle de réunion », professe Jean-Christophe Simon. Aujourd'hui, à l'usine Calor de Pont-Évêque, à quelques kilomètres de Vienne (Isère), il teste un aspirateur avec Serge Cubizolles, responsable du pôle systèmes intelligents. Une innovation comme Jean-Christophe Simon les aime : « On crée un usage. C'est un aspirateur sans fil, presque aussi facile à utiliser qu'un balai. » Le contact avec les produits est une nécessité pour partager l'expérience du consommateur, celui qui transformera ou non l'innovation en succès commercial. Pour cela, rien ne vaut d'être « le plus souvent possible dans les labos, de manipuler les composants, découvrir les produits actuels ou à venir. Sentir leur poids, la texture ou l'aspect d'un revêtement, ça compte ».
IL REÇOIT SES ÉQUIPES SANS RENDEZ-VOUS
Le bureau de Jean-Christophe Simon, à Ecully, est à l'image de sa fonction : ouvert. « On ne peut pas travailler sur l'open innovation et travailler dans un bureau fermé à double tour. J'invite mes équipes à l'utiliser quand je ne suis pas là. » Et quand il est présent, tout le monde s'assied autour de la table. Dispositif clé du lieu : le rétroprojecteur, pour partager des informations lors des réunions, comme aujourd'hui, pour parler d'une cafetière Rowenta avec son équipe. « L'iPhone, l'iPad et le rétroprojecteur constituent ma boîte à outils », explique-t-il. C'est aussi ici qu'avec Rodolphe Roux, directeur marketing digital, il réfléchit à de nouvelles formes de communication, notamment sur les réseaux sociaux.
DIRECTION PARIS POUR TRAQUER LES NOUVEAUTÉS
Un des objectifs du directeur de l'innovation est de se rendre sur le terrain au moins une fois par semaine. La gare de Lyon - Part-Dieu n'a plus de secrets pour ce Normand sans GPS. Il se perd dans la capitale des Gaules, qu'il découvre peu à peu. Paris fait partie de ses destinations fétiches, car elle reste le lieu où est concentrée la communauté des directeurs de l'innovation et des consultants spécialisés : « C'est important de savoir ce sur quoi ils travaillent, d'échanger. » Tout ce qui est nouveau l'intéresse. Invité à la soirée Hello demain organisée par Orange, il s'est passionné pour les nouvelles interfaces homme- machine. Membre du comité d'investissement de Seb Venture (lire aussi pages 32-33), un fonds créé par la marque pour investir dans des briques technologiques, il suit de près les nouveautés qui pourraient demain changer la vie des clients.
IL SE CONSACRE AUX COMITÉS D'INNOVATION
Chez SEB, l'innovation est très décentralisée. Jean-Christophe Simon insiste : « Je suis là en soutien, les divisions ont la vision de leurs business. On s'insère dedans. Si je peux donner une impulsion à un projet, cela se passe toujours dans le dialogue. » Tout ne se fait pas dans les labos. Des comités d'innovation réunissent régulièrement les responsables R & D, du design et du marketing d'une des trois divisions du groupe. Ils font le point sur les innovations en cours. D'autres rendez-vous sont organisés, tels les forums annuels de l'innovation, qui réunissent 250 personnes du groupe et de l'extérieur, ou encore les séminaires de bienvenue au cours desquels Jean-Christophe Simon présente la politique d'innovation aux salariés qui intègrent SEB.
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