Diafir teste le foie aux infrarouges
Par GAËLLE FLEITOUR - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3269
Bientôt une alternative à la biopsie du foie, un examen invasif au fort taux de morbidité ? Diafir, une start-up rennaise créée en juin 2011, a en effet mis au point un système d'analyse biologique basé sur un capteur infrarouge à usage unique. Il permet d'effectuer un diagnostic en moins de deux minutes, par simple contact avec un tissu accessible de l'extérieur ou par les voies naturelles. Associé à un spectroscope (dont la conception est sous-traitée), le capteur recueille le spectre d'absorption du milieu étudié. Il analyse ces informations concernant le métabolisme du patient grâce à une base de données intégrant les profils de sujets sains et malades. Ce système de diagnostic est le fruit des travaux du laboratoire « Verres et Céramiques » de l'université Rennes 1 et de l'Inserm, dont sont issus plusieurs des six cofondateurs de Diafir. « Notre objectif est de développer un appareil industriel, doté du marquage européen (CE), pour une commercialisation fin 2012 », annonce Hugues Tariel, le dirigeant de Diafir provenant de l'industrie verrière. Pour y parvenir, ce dernier, premier salarié de l'entreprise, va être rejoint par deux doctorants. Il planche aussi sur une levée de fonds. Son but, recueillir 300 000 euros auprès d'un fonds d'amorçage, puis lever d'autres capitaux pour financer les premières séries industrielles et les efforts marketing. Quant aux applications, elles sont multiples. Dans un premier temps, le système pourra diagnostiquer les maladies chroniques du foie comme la NASH (stéatose hépatique non alcoolique), une affection liée au surpoids, qui peut évoluer vers une fibrose puis un cancer. Mais Diafir mise surtout sur le diagnostic de tumeurs cancéreuses par infrarouge. Un projet ambitieux qui demandera encore cinq ans de développement.
Utilisable par des biologistes,le dispositif de diagnostic de Diafir repose sur un capteur infrarouge biocompatible breveté, qui permet d'identifier un milieu sain ou pathologique par simple contact. Le capteur, à usage unique pour plus de sécurité, est associé à une base de données informatique afin de fournir un diagnostic en quelques minutes, sans avoir besoin de formation préalable.
Le marché mondial du diagnostic de la NASH, maladie du foie liée au surpoids, a atteint 800 millions d'euros en 2011. Diafir pense s'y faire une place d'ici à deux ans.











