Devenir chef d'entreprise : un bilan globalement positif

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Donnez leur un peu plus d’argent et ils seront heureux. C’est ce qui ressort du sondage sur les chefs d’entreprises. En dépit de la place prise par leur travail, les chefs d’entreprises ne regrettent rien. Mieux, ils sont 71 % à dire qu’ils recommenceraient, si c’était à refaire.

L’Ifop a réalisé un sondage sur la perception que les chefs d’entreprise ont d’eux-mêmes (1). Si tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, les chefs d’entreprises estiment pourtant le bilan positif. 85 % d’entre-eux se disent très satisfaits (42 %) ou assez satisfaits (43 %) d’avoir créé ou repris une entreprise. Le niveau de satisfaction croît avec la taille de l’entreprise et les dirigeants dans le BTP ou les services sont plus satisfaits (88 %) que leurs homologues du commerce ou de l’industrie (81 %). A tel point que près de 3 sur 4 recommenceraient sans hésiter. La proportion est un peu plus faible chez les femmes que chez les hommes, traduisant l’impact sur la vie familiale de la création d’entreprise. Ainsi les réponses montrent que la vie personnelle est sensiblement touchée par la décision de devenir chef d’entreprise. 62 % d’entre-eux n’est pas satisfait du temps dont il dispose pour ses loisirs, 50 % du temps qu’il consacre à ses amis, et 48 % du temps qui lui reste pour sa famille. Symétriquement, cela veut dire que plus d’un dirigeant sur deux se dit satisfait du temps qui lui reste pour les siens. Une famille qui soutient le créateur ou le repreneur. 88 % d’entre eux déclarent qu’elle vit très bien (26 %) ou assez bien (62 %) le choix qui a été fait.

Ah si j’étais riche...

Ces résultats sont d’autant plus remarquables que les chefs d’entreprises pensent que les salariés connaissent une meilleure situation qu’eux sur un certain nombre d’items. Ainsi, ils sont 62 % à penser que les salariés sont dans une meilleure position en ce qui concerne la durée de travail hebdomadaire. La même proportion partage cet avis quand au nombre de jours de congés annuels. Plus étonnant, près de 42 % pensent que la situation des salariés est plus favorable pour ce qui concerne la stabilité de l’emploi, et 43 % pour les revenus.

D’ailleurs, 44 % des chefs d’entreprises voudraient voir leur revenu s’améliorer. Là aussi, il existe une relation croissante entre la demande d’un plus gros revenu et la taille de l’entreprise mesurée par le nombre de salariés. Les chefs d’entreprises indépendants sont 51 % à vouloir un meilleur revenu, ils sont 38 % dans les entreprises de 1 à 9 salariés, 22 % dans les entreprises de 10 à 49 salariés et 14 % au-delà.

« Je n’ai pas changé...»

Plaie d’argent n’est pas mortel, dit-on. Un avis partagé par les chefs d’entreprise. S’ils ne sont que 52 % à se dire satisfaits de leurs revenus, 90 % est satisfait de sa réalisation personnelle, 84 % se félicitent de la liberté dans l’organisation de l’emploi du temps et 90 % dans sa réalisation personnelle.

A l’heure des bilans, 64 % des chefs d’entreprises pensent être resté le même qu’avant. Les 36 % qui considèrent avoir changé mettent en avant l’acquisition de compétences en matière de gestion de l’entreprise (29 % de ceux qui ont changé), une meilleure connaissance de l’environnement économique (24 %) ou des compétences liées au métier (22 %). 19 % seulement pensent avoir acquis davantage de confiance en soi.

Christophe Bys

(1) Sondage réalisé pour le compte de l’APCE auprès d’un échantillon de 502 dirigeants d’entreprises, représentatif des entreprises françaises du 26 octobre au 2 novembre 2009.

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