Deux premiers clients pour l'hydrogène en poudre de McPhy
Par Ana Lutzky - Publié le
La start-up française est sur le point de livrer deux réservoirs d’hydrogène en poudre à ses deux premiers commanditaires. Sur ce créneau stratégique, McPhy a toutes les chances de décrocher le leadership international, estime le CEA.
Deux cartouches, pour voir. Les deux commandes que vient d’officialiser McPhy sont de très bon augure pour la start-up drômoise. Elles pourraient signer de futures commandes de gros volumes sur cette technologie de rupture, qui permet de stocker de grandes quantités d’hydrogène dans de simples galettes de poudre compactée. Crucial, pour stocker une énergie décarbonnée.
Heureux d’annoncer la nouvelle sur son site au pied du Vercors, le président du directoire Pascal Mauberger a choisi de ne pas dévoiler le nom des clients. Il désigne néanmoins « un énergéticien européen » et un « gazier spécialiste de l’hydrogène ».
L’entreprise a mis au point un procédé pour stocker de l’hydrogène dans de simples galettes de magnésium que l’on peut attraper à la main. Une cartouche de 100 galettes contient 4 kilos d’hydrogène, tandis qu’une bouteille d’hydrogène sous pression de même taille ne contient que… 800 grammes d’hydrogène.
Ancien d’Air Liquide, l'homme connaît bien le secteur. L’électricité éolienne produite en heure creuse pourrait être transformée en hydrogène par électrolyse. L’hydrogène serait alors stocké dans les fameuses galettes de McPhy. Il pourrait être soit vendu aux utilisateurs de gaz industriel, soit réinjecté dans le réseau en heure de pointe via une pile à combustible.
« Avec un investissement de 2 millions d’euros, notamment pour financer l’électrolyseur, le retour sur investissement se fait en 4 ans », jubile Pascal Mauberger. « Il faut 10 litres d’eau pour produire un kilo d’hydrogène, ce n’est pas non plus colossal », estime-t-il. Seul produit secondaire n’ayant pas trouvé d’application : l’oxygène issu de l’électrolyse, envoyé pour l’instant « aux petits oiseaux ».
Dans deux à trois ans, l’entrepreneur projette même de pouvoir vendre de l’hydrogène à « 6-7 euros le kilo », ce qui rendrait l’offre extrêmement compétitive.
L’Allemagne, très active sur l’hydrogène, est convoitée par la start-up. McPhy vient même de décider d’y créer une filiale. Des contacts ont également été noués au Japon, pour des applications domestiques ou liées à des stations-services d’hydrogène.
A moyen terme, les Emirats Arabes Unis font figure de favoris. Le directeur de la start-up revient d’ailleurs d’Abu Dhabi, où s’est tenu le World Future Energy Summit. Un « Davos de l’énergie », où étaient invités une dizaine de chefs d’Etats.
Le rendez-vous avec la ville zéro émission de Masdar, par exemple, « s’est très bien passé ». Reste qu’il est un peut tôt : « A moins de 500 millions de dollars, ils ne regardent pas ». Une fois que McPhy commercialisera une solution de stockage à grande échelle, l’émir devrait compter parmi ses premiers clients.

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