DES TOILETTES "ABSORBEURS D'ODEURS"
Par Marion Deye - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2995Avec sa cuvette capable de filtrer les molécules malodorantes, Villeroy & Boch frappe un grand coup dans le domaine du sanitaire.
En se proposant de mettre fin aux effluves nauséabondes émises dans un lieu confiné, Villeroy & Boch ne peut que susciter l'unanimité. « Il n'est pas facile d'être révolutionnaire en ce qui concerne les WC, explique Corinne Farque-Métais, responsable marketing produits sanitaires du spécialiste franco-allemand des produits en céramique. Notre point de départ a donc été de recenser les problèmes majeurs rencontrés par les utilisateurs pour innover sur des éléments capables d'apporter une différence directement perceptible. » Les effluves désagréables pointant en tête de liste, elles sont les premières à faire les frais des recherches du groupe. Le parcours obligé qu'impose PurAir WC leur laisse peu d'issues : d'abord aspirées depuis la cuvette, elles sont ensuite filtrées, puis réexpulsées dans la pièce, libérées de leurs exhalaisons malodorantes.
« L'abattant de la cuvette est muni de capteurs de poids installés sur les charnières, explique la responsable marketing. Dès qu'une pression supérieure à 15 kilogrammes est détectée, la ventilation se met en route. L'air est aspiré par un conduit céramique placé sous la ceinture d'eau, pour être dirigé vers un filtre au carbone actif qui retient les molécules odorantes avant de ressortir vers l'extérieur. » Présenté comme la pièce maîtresse de la technologie, le système électronique de détection des odeurs est doté de microcapteurs sensibles aux effluences. « Lorsqu'il reconnaît des molécules odorantes, PurAir déclenche l'aspiration et module le débit de la ventilation, de façon à déployer une puissance toujours adaptée », s'enorgueillit le groupe de Mettlach, en Allemagne. Fonctionnant sur secteur (220 V) ou sur piles (4 de 1,5 V), la technologie PurAir a été déclinée pour les cuvettes suspendues ou posées au sol avec réservoir de chasse. « L'idée d'une cuvette de WC purifiant l'air ambiant était dans les cartons depuis plusieurs années », explique brièvement Corinne Farque-Métais. Le groupe, qui souhaite rester discret sur la genèse du produit, a préféré différer sa sortie jusqu'à ce que le système puisse aussi fonctionner avec des piles, et non plus seulement sur secteur (la plupart des usagers n'ayant en général pas de raccordement électrique dans leurs toilettes).
La France réceptive à l'air pur
Première cible visée par Villeroy & Boch : les particuliers. « Nous pensons que PurAir devrait séduire les usagers dont les toilettes n'ont pas de fenêtre ou dont les WC sont situés dans leur salle de bains », gage Corinne Farque-Métais. Les commodités à forte fréquentation (entreprises du tertiaire, hôtels et restaurants haut de gamme) arrivent ensuite.
Disponible sur le marché belge et hollandais depuis mars 2005, les cuvettes dotées de la technologie PurAir se seraient vendues là-bas à plus de 5 000 exemplaires. « Et si l'on en croit l'étude d'acceptabilité qui a été réalisée en France, les consommateurs hexagonaux semblent encore plus réceptifs à cette innovation », précise Corinne Farque-Métais. Verdict dans les prochaines semaines, puisque PurAir est distribué depuis janvier dans les enseignes spécialisées sur le marché hexagonal et espagnol.











