Des salariés en colère menacent de polluer la Meuse à l'acide
Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Pour obtenir la reconnaissance du préjudice subi par les « malversations » de leur patron, des salariés de la société Lenoir-et-Mernier, liquidée en février, menacent de souiller la Meuse à l'acide. L'ultimatum expire vendredi.
A Bogny-sur-Meuse (Ardennes), une cinquantaine de salariés de la société Lenoir-et-Mernier, mise en liquidation judicaire en février, menacent, à l'instar des Cellatex, de déverser 500 litres d'acide chlorhydrique dans la Meuse. Ils exigent la nomination d'un médiateur pour négocier la reconnaissance du « préjudice moral subi en raison des malversations d'un patron voyou. Nous réclamons 50 000 euros par salarié, précise Claude Choquet, délégué CFDT de l'entreprise. Si nous n'avons pas d'avancées d'ici vendredi après-midi, nous ne contrôlerons plus rien... »Depuis le 7 février, date du placement en liquidation judiciaire, les salariés occupent les quatre sites de production de leur société et multiplient les actions à Charleville-Mézières : manifestations, barrages routiers, blocages de services publics. Ils ont également déposé plainte contre l'ex-directeur pour « abus de biens sociaux, détournement d'actifs, présentation de faux bilan, vol et banqueroute ». Fin janvier, une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Reims.
Les salariés demandent à l'UIMM de payer
Jeudi dernier, le tribunal de commerce de Charleville a désigné deux repreneurs partiels du fabricant de boulons industriels, Lenoir-et-Mernier. La société ardennaise Ancos prévoit le maintien de dix emplois, tandis qu'une société coopérative ouvrière de production (Scop), composée d'une trentaine de salariés associés, reprendrait la filiale FAV-LCAB, également implantée à Bogny-sur-Meuse. « Nous ne sommes pas satisfaits, car seulement quarante emplois seraient sauvés sur 150. 133 personnes sont concernées par la liquidation et 20 ont été licenciées en juillet 2007 », proteste le représentant CFDT. Selon lui, un repreneur qui proposait de conserver 130 emplois n'a pas été retenu par le tribunal.
Lundi, une réunion entre les représentants des salariés, les pouvoirs publics et les responsables locaux de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) s'est soldée par un échec. « Nous demandons à l'UIMM de reconnaître le préjudice et de payer pour les pratiques d'un de ses membres. Visiblement, ils ont les moyens de le faire et cela améliorerait leur mauvaise image actuelle », souligne Claude Choquet qui attend un geste d'ici à demain.
Matthieu Maury

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