Des pertes pour les groupes automobiles nippons en Chine

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Nissan Altima
© Nissan

Les constructeurs automobiles japonais, Nissan en tête, ont comptabilisé 250 millions de dollars (193 millions d'euros) de production perdue après les manifestations anti-japonaises des derniers jours en Chine et redoutent à présent une baisse de leurs ventes sur le premier marché mondial.

L'escalade du contentieux entre les deux pays sur la propriété des îles Senkaku-Diaoyu a amené Nissan mais aussi Toyota et Honda à fermer temporairement leurs usines en Chine.

Selon des estimations de IHS Automotive, la production perdue s'élevait jeudi à 14 000 véhicules, soit une perte de revenus de 250 millions de dollars sur la base d'un prix moyen de vente d'environ 18 000 dollars pour les marques japonaises.

Et ce bilan pourrait s'aggraver. Si Nissan a repris ses activités, Honda a toujours deux usines à l'arrêt et Toyota a indiqué sans autre précision que certaines de ses activités restaient suspendues.

S'il perdure, Nissan aura le plus à pâtir du sentiment anti-japonais en Chine puisqu'il prévoit de réaliser cette année 27% de ses ventes mondiales dans l'Empire du milieu, contre 18% pour Honda et 11% pour Toyota.

"Le plus important maintenant va être le comportement des consommateurs", commente Koichi Sugimoto, analyste chez BNP Paribas. "Il ne serait pas étrange que certains commencent à se dire qu'il vaut mieux acheter des marques sud-coréennes plutôt que japonaises pour ne pas risquer d'avoir sa voiture détruite par des manifestants".

CIBLE DE CHOIX

Au cours des quatre jours d'incidents qui ont culminé mardi avec le 71e anniversaire de l'occupation de la Chine par le Japon, les voitures nippones ont été une cible de choix des protestataires. Un point de vente de Toyota a brûlé à Qingdao et plusieurs autres ont été endommagés, selon le constructeur.

Akio Toyoda, le président de Toyota, a assuré que les Chinois en viendraient à reconnaître la contribution des constructeurs nippons et de leurs partenaires locaux à l'économie chinoise. "J'espère que le problème sera réglé bientôt et que les voitures japonaises trouveront de nouveau à se vendre", a-t-il dit à des journalistes.

Les Japonais arrivent derrière General Motors et Volkswagen sur le marché chinois mais nourrissent d'importantes ambitions. Toyota entend ainsi y doubler ses ventes à l'horizon de 2015, à 1,8 million de voitures.

Nissan vise 2,3 millions de ventes à la même échéance et s'est associé au constructeur chinois Dongfeng pour lancer une marque "made in China", Venucia.

Avec Reuters, par Yoko Kubota

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