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Des milliards d'euros pour rendre plus robuste le nucléaire français

Par Ludovic Dupin - Publié le
Centrale nucléaire de Nogent
© ClicGauche - Wikipedia - C.C.

Les réacteurs français sont bons pour le service selon l'Autorité de sureté nucléaire (ASN) française. Même si les opérateurs nucléaires, EDF en tête, vont devoir dépenser des milliards pour accroître encore la sûreté.

La présentation, mardi 3 décembre, de l'avis de l'Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) n'a pas révélé de grande surprise. Selon André-Claude Lacoste, le gendarme français du nucléaire, "l'ASN considère que les installations examinées présentent un niveau de sûreté suffisant pour qu'elle ne demande l'arrêt immédiat d'aucune d'entre elles". Ainsi, les 58 réacteurs français, y compris les deux de la doyenne de Fessenheim (Bas-Rhin), continueront à fonctionner.

André-ClaudeLacoste, a, toutefois, précisé que "l'ASN considère que la poursuite de leur exploitation nécessite d'augmenter dans les meilleurs délais, au-delà des marges de sûreté dont elles disposent déjà, leur robustesse face à des situations extrêmes"… Comprendre, EDF, le CEA et Areva vont devoir dépenser plusieurs milliards d'euros pour tirer les premières conséquences de la catastrophe de Fukushima. EDF estime ces investissements à venir à "un maximum de 10 milliards d'euros".

Le tsunami, survenu le 11 mars 2011 dans le nord de l'archipel japonais, a entraîné un accident grave dans la centrale de Fukushima Daiichi. Quelques semaines plus tard, à la demande du Premier ministre François Fillon et de la Commission européenne, l'ASN a lancé une évaluation de la sûreté des installations nucléaires françaises. Il ne s'agit que d'une première étape puisque le retour d'expérience de la catastrophe de Fukushima pourrait prendre une dizaine d'années au total.

Dans l'immédiat, l'ASN demande la mise en place dans chaque centrale d'un noyau dur, concept décrit par l'IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire). Il s'agit d'un site protégé dans lesquels des moyens humains et techniques seraient préservés de toute agression. Ils permettraient de maintenir en état des organes de survie d'un réacteur en cas d'accident. L'ASN évoque une salle de contrôle "bunkerisée" et un générateur diesel d'ultime secours. Les opérateurs doivent faire une proposition d'ici le 30 juin 2012.

Renouvellement des effectifs techniques

À plus long terme, l'ASN valide le concept de force d'action rapide nucléaire (FARN) proposé par EDF. Ces équipes doivent pouvoir être projetées sur un site accidenté en moins de 24 heures d'ici fin 2012. D'ici fin 2014, cette force devra être en mesure d'intervenir sur tous les réacteurs d'un site simultanément.

Les opérateurs vont devoir également réfléchir à la possibilité de réaliser une enceinte géotechnique qui pourrait protéger les eaux souterraines en cas d'accident grave. Ce type d'outil n'a jamais été réalisé sur une installation nucléaire. Même les réacteurs de troisième génération, type EPR, n'en sont pas pourvus.

Enfin, la sûreté des piscines d'entreposage du combustible usagé doit être améliorée afin d'éviter tout dénoyage. Les exploitants devront soumettre les solutions possibles à l'ASN.

Par ailleurs, André-Claude Lacoste précise qu'il ne faut surtout pas limiter la sûreté à un empilement d'outils techniques. L'ASN insiste pour qu'EDF améliore le renouvellement de ses effectifs afin de maintenir la compétence technique. Et la surveillance du travail des sous-traitants sur un réacteur revient à EDF et ne peut pas être déléguée.

Fin janvier, la Cour des comptes devrait dévoiler son rapport sur le coût véritable de la filière nucléaire. Mi 2012, l'Union européenne émettra un avis sur les stress tests européens, tandis que les exploitants français devront répondre aux premières injonctions de l'autorité française.

Rapport de l'ASN sur les évaluations complémentaires de sûreté (ECS) menées à la suite de l’accident de Fuk...

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