Des idées neuves
Par LAURENT GUEZ, Directeur de la rédaction - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3258Sortir de sa coquille comme Gemalto, monter en gamme comme Faiveley, investir comme Carmat... Oui, notre industrie peut se réinventer.
Avec la désignation de François Hollande, les noms des principaux candidats à l'élection présidentielle sont désormais connus. S'ils avaient la bonne idée de proposer des solutions pour l'industrie, les uns et les autres marqueraient des points décisifs. L'industrie, c'est le sujet qui turlupine la France, comme le prouve le sondage Ifop pour « L'Usine Nouvelle » (lire page 48). Le pays est plongé dans l'angoisse pour ses emplois perdus, mais garde espoir. D'un côté, huit Français sur dix estiment que leur industrie a fortement décliné ces dernières années. De l'autre, neuf sur dix placent la réindustrialisation parmi les « principales priorités des prochaines années ». Aux prétendants de 2012, nous nous permettons donc ce conseil : allez-y, posez sur la table des propositions toutes fraîches, étonnantes et, si possible, qui ont fait leurs preuves quelque part, en Italie du Nord ou en Suède, à Singapour ou en Bavière. Fouillez, forez, phosphorez. Trouvez donc des idées neuves.
Réindustrialiser la France ? Quelle folle ambition... À l'échelle macroéconomique comme à celle de l'entreprise, stopper une chute constitue déjà un défi. Alors, inverser une tendance, bon courage. Pourtant, il est possible de faire repartir la machine. Une industrie forte avec des usines performantes ? Plutôt qu'un mirage, ce peut être un projet. Malgré nos prélèvements record, la rigidité de notre droit du travail et nos grèves à répétition, nous avons d'extraordinaires atouts. Sinon, pourquoi l'américain General Electric fabriquerait-il à Buc, dans les Yvelines, ses mammographes pour le marché mondial ? Pourquoi le japonais Toyota produirait-il à Onnaing, près de Valenciennes, sa Yaris hybride exportée partout ?
Pour se redéployer, l'industrie made in France ne pourra pas se reposer sur le Président qui sortira des urnes en mai prochain. Ni sur l'Europe. Ni sur le G20. Elle devra se réinventer (lire notre dossier spécial, page 26, réalisé à l'occasion des Assises de l'industrie 2011). Sortir de sa coquille pour trouver de nouveaux débouchés, comme l'a fait Gemalto, référence mondiale de la sécurité numérique. Monter en gamme pour dégager des marges, comme Faiveley, fournisseur à succès des nouveaux trains à grande vitesse. Investir à long terme pour innover, comme l'ont fait les fondateurs de Carmat, une belle pépite à l'origine du premier coeur artificiel. Ces trois sociétés forment d'ailleurs le palmarès 2011 du Trophée des industriels de l'année. Avec de tels champions, la France a raison d'y croire.











