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Des biocarburants de troisième génération dans la Vienne

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le

La région Poitou-Charentes inaugure, lundi 18 mai, au Vigeant (Vienne), un site inédit de production de biocarburants qu'elle qualifie de troisième génération.

A la différence des première (graines, sucres, céréales) et deuxième (plantes terrestres entières, déchets agricoles et forestiers) générations, la biomasse mobilisée pour produire l'éthanol qui fera rouler les voitures repose sur des micro-algues. Les végétaux aquatiques seront cultivés pour produire 20 000 litres d'éthanol par hectare, mais dans un premier temps, le site en produira 4 500 litres, ce qui nécessite 30 tonnes de biomasse sèche à l'hectare. « C'est le premier site pilote de taille industrielle en milieu ouvert dans ce domaine, la culture des algues pour fabriquer des carburants de troisième génération étant généralement opérée en laboratoire », explique la Région dans un communiqué.

Cerise sur le gâteau : les algues seront cultivées grâce à la chaleur et au CO2 provenant de la combustion de biogaz. Ce biogaz provient d'un centre voisin d'enfouissement de déchets ménagers exploité par Séché Environnement. Jusqu'alors, il était orienté vers une unité de cogénération pour en faire de l'électricité et de la chaleur, mais sur ce site isolé, cette chaleur ne trouvait pas preneur. « Désormais, elle servira à chauffer les bassins de culture des algues, le CO2 des gaz d'échappement de la cogénération étant injecté dans l'eau pour doper leur croissance », décrit Jacques Barbier, patron de Valagro, la société qui a mené la R&D de ce projet en collaboration avec Séché (maître d'œuvre), Oseo et le Ceva (Centre d'études et de valorisation des algues).

Suivant les rendements de croissance algale observés, le site du Vigeant pourra basculer en filière huile (donc pour moteurs Diesel) au lieu de la filière sucre (pour moteurs à essence, le sucre étant transformé en éthanol). « Pour l'instant, on part sur des algues à sucre plutôt que sur des algues à huile, car il est bien moins coûteux, en termes d'énergie, de faire fermenter des glucides que de transformer, à haute température, des huiles en esters incorporables dans le gazole. Mais si les algues à huile croissent plus et mieux, il sera peut-être plus intéressant de valoriser celles-là », explique Jacques Barbier. Budget de ce bel exemple d'écologie industrielle, soutenu par la Région : 100 000 euros pour la recherche amont, 1 million pour le pilote, et 40 millions pour la future unité industrielle.

Guillaume Maincent

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