Des augmentations timides dans les entreprises
Le 14 décembre 2006 par Maxime Amiot | L'Usine Nouvelle n° 3035Début 2007, les hausses de salaire resteront modestes, malgré la montée de la grogne sur le pouvoir d'achat.
C'est la période des fêtes... sauf du côté des fiches de paie. Si les salariés en CDI restent mieux lotis que les intérimaires ou les travailleurs en CDD (lire ci-dessus), le cru 2007 ne s'annonce guère réjouissant à l'heure des traditionnelles négociations annuel-les sur les salaires. Les industriels prévoient des augmentations de 3,1 % en moyenne, selon une étude du cabinet de conseil en rémunération Hewitt (lire page 46). Soit une légère baisse par rapport à 2006 (3,2 %). « Les perspectives économiques de l'industrie ne permettent pas aux employeurs d'aller au-delà », explique François Auger, consultant chez Hewitt. Yves Castelain, le président du brasseur Cht'i (Bellefontaine, Pas-de-Calais), qui emploie une quarantaine de salariés, en sait quelque chose. « Notre activité ne se porte pas bien, on a du mal à lutter contre les gros du secteur et le prix du malt a flambé de 40 % cette année. Clairement, je ne peux pas augmenter les salaires sur la durée », indique- t-il. Résultat : il devrait octroyer à peine 2 % de hausse.
Les salariés mobilisés
Un régime sec que salariés et syndi-cats ont du mal à digérer. En témoi-gne la montée, depuis plusieurs semaines, des conflits portant sur les salaires et le pouvoir d'achat : La Poste, SFR ou encore la division turboma-chines d'Alstom, à Belfort, en novembre, les sous-traitants automobiles dans le Pas-de-Calais début décembre... « On sent une cristallisation très forte, plus que ces dernières années. Les gens voient les prix augmenter, leur pouvoir d'achat baisser. Ils se mobilisent », affirme François Fayol, le secrétaire général de la CFDT cadres.
Ce mécontentement promet des négociations serrées. « Pour compenser, les employeurs vont jouer sur les hausses individuelles ou les à-côtés du salaire », estime Jean-Philippe Dominguez, le directeur général adjoint du cabinet Oberthur Consultants. Affelec, une société spécialisée dans la fabrication de structures métalliques en acier (105 salariés, à Saint-Sulpice dans le Tarn), va ainsi limiter les augmentations à moins de 2 % pour 2007. « Courant 2006, nous avons mis en place une mutuelle pour l'ensemble des salariés, alors qu'elle était jusqu'ici réservée aux cadres. Avec la participation et l'intéressement, les employés ont un mois de salaire en plus. Ce sont des arguments pour garder des niveaux de rémunération raisonnables », note Patricia Cathalau, la directrice des ressources humaines. Reste à savoir si cela suffira à convaincre.

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