Des assises du ferroviaire décapantes et sans tabous
Par Manuel Moragues - Publié le
Quatre commissions plancheront pendant trois mois sur l’avenir d’un système ferroviaire français qui n’en finit pas de chercher sa voie. Au cœur des débats : l’ouverture à la concurrence.
Des débats "sans tabous" menés par des personnalités "décapantes". La ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a eu à cœur de rendre attrayantes les Assises du ferroviaire, lancées jeudi 15 septembre à Paris. Sans doute fallait-il distinguer ces grands travaux "grenelliens" de réflexion sur l’avenir du ferroviaire français de ceux menés par la commission Bocquet au premier semestre ou lors de l’élaboration du Schéma national des infrastuctures. Sans oublier les Etats généraux lancés par les régions ce mois-ci ou encore les travaux du comité stratégique de filière.
Cette fois-ci, ce seront quatre commissions qui plancheront jusqu’au 15 décembre sur l’avenir d’un modèle ferroviaire français qui se cherche un modèle. L’objectif étant de présenter au gouvernement des propositions concrètes au tout début 2012. La commission intitulée "Le ferroviaire français au cœur de l’Europe" et présidée par Gilles Savary imaginera les modalités de l’ouverture à la concurrence. "La gouvernance du système ferroviaire" (Véronique Morali) redessinera les territoires des différents acteurs, " L’économie du ferroviaire" (Nicolas Baverez) cherchera un équilibre économique au système et "la filière ferroviaire française" (Bruno Angles) s’attachera à renforcer la compétitivité des industriels.
Guerre entre la SNCF et RFF, dette écrasante de ces deux acteurs (respectivement 6 milliards et 30 milliards d’euros), manque passé et présent d’investissements dans le réseau dans un contexte de finances publiques (locales et nationale) en berne, dégringolade du fret... Les problèmes sont bien connus et découlent pour la plupart d’une transposition "parfois hâtive ou honteuse" des textes législatifs européens, selon les termes de Gilles Savary.
S’affichant au cœur des débats à venir, la concurrence entre opérateurs est une donnée, pas une option, ont martelé les quatre présidents de commission devant la presse. Une concurrence qu’il faut, selon Nathalie Kosciusko-Morizet, aborder de front "pour qu’elle se fasse sur des avantages pour les usagers et non sur le dumping social". Cela signifie-t-il remettre en question le statut des cheminots ? "Je préfère le terme de "conditions de travail" à celui de "statut"", a précisé la ministre, avant de répondre que la question d’une "harmonisation du cadre social du secteur était forcément posée par l’ouverture de la concurrence". Toujours difficile, les tabous, surtout en période préélectorale.

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