Le président de l'Union des industries des métiers de la métallurgie, mis en cause pour des retraits de fonds suspects, a renoncé cet après-midi à son poste de chef de file de la délégation patronale dans les négociations avec les syndicats.
La semaine s'annonçait cruciale pour Denis Gautier-Sauvagnac. Cet après-midi, le président de l' Union des industries des métiers de la métallurgie a annoncé renoncer à son mandat à la tête des négociateurs patronaux avec les syndicat, alors que les révélations se sont accumulés sur les retraits de fonds provenant de comptes de l'UIMM.
« Au cours de la réunion du conseil exécutif du Medef du 15 octobre 2007, Denis Gautier-Sauvagnac a proposé de se mettre en retrait de la négociation sur la modernisation du marché du travail », indique le Medef dans un communiqué, à l'issue de son conseil exécutif.
Laurence Parisot, la présidente du Medef « désignera dans les tout prochains jours, parmi l'équipe actuelle de négociateurs, le prochain chef de file ». Il continuera toutefois à participer au comité exécutif de l'organisation.
Jusqu'à présent, le patronat avait choisi de soutenir le président de l'UIMM. Mais le front s'est fissuré. Vendredi dernier, la puissante fédération de la métallurgie a certes confirmé Denis Gautier-Sauvagnac. Mais sans qu'un communiqué ne soit publier dans la foulée. Selon
les Echos, d'importantes divergences seraient apparues entre les « anciens » et la nouvelle génération de P-DG de la métallurgie. Les premiers faisant bloc derrière leur président.
Démenti des syndicats
Ce week-end, les enquêteurs ont découvert de nouveaux retraits suspects de 7 millions d'euros. Lancée le 26 septembre dernier, l'enquête aurait déjà permis de détecter près de 17 millions d'euros de retraits en liquide entre 2000 et 2007 sur trois comptes appartenant à l'UIMM. Les sommes retirées à la demande de Denis Gautier-Sauvagnac auraient servi à financer des syndicats, selon certaines sources de l'enquête.
Les organisations syndicales ont démenti avoir reçu des fonds. Mais l'affaire relance la question du financement des partenaires sociaux. « Nombre d'organisations syndicales et profesionnelles bénéficient d'un statut juridique totalement légal qui leur évite d'avoir une transparence financière, une comptabilité, qui leur évite de rendre des comptes. C'est aberrant dans le monde d'aujourd'hui », a affirmé Laurence Parisot, la présidente du Medef.
Très influente, la fédération professionnelle est aussi la plus grosse contributrice au budget du syndicat patronal et dispose du plus grand nombre de sièges à l'assemblée générale du Medef, avec 43 représentants sur 561.
Solène Davesne
Les grandes dates de « l'affaire » Gautier-Sauvagnac
26 septembre : le parquet de Paris est saisi d'une enquête sur des retraits de fonds suspects de 5,6 millions d'euros par la cellule anti blanchiment de Bercy Une enquête préliminaire est ouverte.
3 octobre : perquisitions au siège de l'UIMM et au domicile de Denis Gautier-Sauvagnac
4 octobre : le Medef maintient Denis Gautier-Sauvagnac à son poste de chef de file des négociateurs du patronat avec les syndicats.
6 octobre : découverte d'un second compte suspect
12 octobre : Saisi de 2 millions d'euros dans un coffre loué par l'UIMM par la police. Des mouvements de fonds d'un montant de 7 millions d'euros auraient aussi été retrouvés sur un troisième compte de la fédération professionnelle