Denis Gautier-Sauvagnac en piste à l'UIMM
Par AGNÈS LAURENT - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2998Candidat unique, adoubé par le bureau et le conseil de l'UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac a toutes les chances de succéder, en mars, à Daniel Dewavrin à la tête de la fédération de la métallurgie.
Aujourd'hui numéro 2 de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), Denis Gautier-Sauvagnac devrait, le mois prochain, se débarrasser de son titre de vice-président délégué général pour accéder à la présidence de la fédération. Sa candidature à la succession de Daniel Dewavrin, qui ne pouvait plus se représenter après sept ans de mandat, a, en effet, été approuvée, les 16 et 17 février, respectivement par le conseil et le bureau de l'UIMM. Ce choix doit encore être validé par l'assemblée générale du mouvement qui se tiendra le 16 mars prochain et une candidature surprise n'est pas à exclure d'ici là, mais ce scénario paraît « très improbable » aux yeux des membres de l'UIMM qui considèrent déjà Denis Gautier-Sauvagnac comme leur futur président.
Il est vrai que l'actuel vice-président recueille des louanges unanimes sur ses compétences : « C'est un homme brillant qui saura facilement se mettre à l'écoute des autres », souligne un adhérent. « Il laissera une trace dans l'organisation car il a conduit un certain nombre de négociations sociales avec succès. D'aucuns lui prêtent une certaine rigidité dans ces négociations. Mais heureusement pour l'industrie qu'il y a des gens aussi solides que lui pour les mener ! », renchérit un autre.
Seuls quelques-uns se chagrinent à l'idée que Denis Gautier-Sauvagnac, s'il est élu le 16 mars, cumule les fonctions de président avec celles de délégué général, tout en conservant à ses côtés Dominique de Calan comme délégué général adjoint. « La confusion entre les deux fonctions est gênante. Ce qui fait la force d'une organisation professionnelle, c'est d'avoir un couple constitué d'un président élu par ses pairs, non appointé, et d'un permanent technicien à ses côtés », note le représentant d'une autre fédération professionnelle. « Qu'il cumule les deux fonctions me choque car pour être président, il faut être un militant. On n'est pas pareil dans l'action lorsqu'on est élu et lorsqu'on est salarié », ajoute un membre de l'UIMM et du Medef.
Des critiques que Denis Gautier-Sauvagnac devrait pourtant écarter sans difficultés : outre qu'il est, depuis plusieurs années, président du conseil d'administration de Capitol Europe, une PMI alsacienne spécialisée dans la fabrica- tion d'emballages plastiques, il a prévu de s'entourer de trois vice-présidents dont deux, au moins, seront des représentants des chefs d'entreprise.
Un négociateur dur, mais très professionnel
Surtout, ces critiques paraissent minimes par rapport au rôle central que joue l'actuel numéro deux dans les négociations sociales de la branche - un rôle récemment réaffirmé par l'accord sur l'organisation du temps de travail qui a reçu l'aval de FO, la CFTC et la CFE-CGC. Or, la politique contractuelle est la raison d'être de la fédération de la métallurgie : « En matière sociale, l'UIMM est très efficace et très compétente. Nous avons des spécialistes sur chaque sujet parmi les meilleurs. Et nous avons posé un socle de bonnes relations avec l'Etat et avec les syndicats. Considérés comme fiables, nous avons acquis une réputation de crédibilité. En outre, nous offrons un vrai service à nos entreprises adhérentes», souligne Daniel Dewavrin, actuel président de la métallurgie. Un point de vue confirmé par les organisations syndicales : « Denis Gautier-Sauvagnac et Dominique de Calan, qui sont ceux avec qui nous sommes en contact lors des négociations, nous conviennent car ils sont honnêtes : quand c'est oui, c'est oui, quand c'est non, c'est non... », relate Joseph Crespo, président de la CFTC métallurgie. « Ils sont très durs, mais très professionnels », confirme Michel Mainguy, secrétaire fédéral de FO Métaux. Une politique contractuelle active qui tient à la longue histoire de l'UIMM qui s'est constituée autour du social, mais aussi à la méthode adoptée par ses dirigeants : « Il n'y a pas d'affrontements, tout se passe par petits ajustements, par lobbying, sans entrer en conflit avec l'autre partie », note un observateur.
Une technique que l'UIMM aurait aimé partager, en fédérant autour de sa politique sociale d'autres branches industrielles, telles que la chimie ou le textile. Malgré des appels du pied répétés, ce projet n'a jamais abouti. A défaut, l'UIMM et tout particulièrement Denis Gautier-Sauvagnac sont devenus, au fil des ans, incontournables au Medef comme chefs de file des grandes négociations sociales. Et cette position n'a pas été remise en cause par l'élection à la présidence du Medef de Laurence Parisot, même si des divergences entre les deux organisations ont pu apparaître, notamment lors des négociations sur la nouvelle convention Unedic. « Il est vrai que, lors de l'élection, nous n'avons pas soutenu Laurence Parisot. Mais nous sommes loyalistes et notre loyauté vis-à-vis de la présidente n'est pas remise en cause même si nous pouvons avoir une sensibilité un peu différente sur certains dossiers. Nous devons parvenir à des compromis », souligne Daniel Dewavrin.
L'UIMM reste la première fédération du Medef
Les compromis sont d'autant plus faciles à trouver que l'UIMM reste toujours, avec 60 000 entreprises et 1,8 million de salariés, la première fédération du Medef. Et, à ce titre, le plus gros financeur de l'organisation avec plus de 20 % des cotisations. « Le groupement des professions de services, s'il était uni, constituerait la première force au Medef. Mais, pour l'instant, cela reste l'UIMM. Et on ne peut pas se fâcher avec son premier adhérent ! », note un membre du bureau du Medef. Un pragmatisme que l'élection à la tête de l'UIMM de Denis Gautier-Sauvagnac devrait conforter.











