Défense : la CGT dénonce le risque industriel et la casse sociale25/07/2008
La nouvelle carte militaire présentée hier par le premier Ministre François Fillon et le ministre de la Défense Hervé Morin fait grincer des dents. En premier lieu celle des syndicats : la CGT-Défense spécule sur un large dépassement des suppressions d'emplois, au-délà des 54 000 prévus.
Casse sociale, risque industriel, perte de souveraineté...les griefs contre les préconisations du Livre Blanc de la Défense et la loi de programmation militaire s'accumulent. Par voie de communiqué, la CGT réalise une synthèse de ces contestations et parle de « Jeudi noir pour la Défense », en référence aux annonces de la réforme des cartes militaires réalisées le 24 juillet par le Premier ministre, François Fillon et le ministre de la Défense Hervé Morin.Annonces très attendues, la réforme de la carte militaire confirme la fermeture, entre 2009 et 2011, de 83 sites et le déménagement d'une ville à l'autre de 33 autres. Pour la CGT ces mesures menacent 33 259 emplois directs. A contrario une soixantaine de sites seront renforcés. Pour Yannick Malenfant, secrétaire Général de la fnte.cgt (fédération nationale des travailleurs de l'Etat), les 320 millions d'euros consacrés à compenser ces fermetures, - soit 225 millions pour la redynamisation des territoires, 75 millions d'euros pour l'accompagnement social et 20 millions d'euros pour l'accompagnement outre-mer -, sont bien insuffisants - « Nous estimons pour les villes concernées la perte de 20 à 30 millions d'euros par an. Les sommes dégagées n'apporteront qu'une aide ponctuelle ». De même, les emplois supprimés selon le syndicat dépasseront largement les 54 000 annoncés. « Avec la création de base de défense pour centraliser les activités administratives, une grande partie des fonctions transversales des établissements rattachés à ces bases disparaîtront », argumente Yannick Malenfant. Le risque industriel est aussi pointé par le syndicat pour lequel « de graves incertitudes pèsent sur les missions industrielles de Nexter, DCNS et SNPE ». « Typiquement, si un rapprochement entre la SME et Safran est réalisé, comme il est dit, on peut considérer que c'est la fin de la SNPE. A l'identique le rapprochement de Renault Trucks, dont le suédois Volvo est actionnaire, et de Nexter ouvre la voie à des fusions capitalistiques avec le secteur privé », anticipe Yannick Malenfant. Pour le syndicat, la réforme de la carte militaire « n'est autre qu'une privatisation de pans entiers des outils de défense », arguant que les suppressions de postes dans le secteur du soutien ouvrent la porte à des sociétés privées « guidées par la rentabilité ». Pour le syndicat, « la maîtrise de l'Armée dans le cadre des opérations extérieures doit rester à l'Etat ». Fabrice Frossard Tout sur le livre blanc Le calendrier de la réforme Les cartes de fermetures de sites et d'ouvertures Le communiqué de la CGT |
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