Déchets d'Abidjan : les deux cadres de Trafigura restent en prison
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leLa présidence de la République ivoirienne s'oppose au Premier ministre quant à la libération provisoire de Guy Dauphin et de Jean-Pierre Valentini.
Le Premier ministre ivoirien, Charles Konan Banny, vient d'entreprendre les démarches nécessaires à l'obtention de la liberté provisoire pour les deux directeurs de Trafigura auprès du procureur de la République près le tribunal de première instance d'Abidjan-Plateau par l'intermédiaire de Zakaria Ouattara, directeur des affaires civiles et pénales au ministère de la Justice. Ce dernier, spéculant sur l'innocence des deux responsables de Trafigura, a aussitôt instruit le procureur de la République : « Sur le fond, il convient de relever que les inculpés sont à des postes de responsabilité tels qu'en l'état de l'instruction, il est peu probable qu'ils puissent être ceux-là même qui, directement , ont convoyé puis déversé les déchets toxiques dans le district d'Abidjan » en requérant, par la même occasion, « la mise en liberté sous caution d'un milliard de francs CFA (1,5 million d'euros) chacun ».
Désiré Tagro Asségnini, conseiller spécial du Président de la République, Laurent Gbagbo, s'étonne de cette demande : « Je suis particulièrement troublé par une telle demande du ministre de la Justice au profit de deux personnes qui n'ont aucune adresse en Côte d'Ivoire et qui, j'en suis persuadé, vont quitter le pays dès leur mise en liberté. » D'autre part, s'inquiète le conseiller, le montant du cautionnement suffit à montrer la puissance financière des inculpés qui pourrait être « utilisée de manière à nuire à la conduite de l'enquête qui n'est pas à son terme, comme le reconnaît d'ailleurs le ministre de la Justice ». Ainsi, Asségnini a-t-il demandé instamment au procureur Raymond Tchimou de s'opposer « fermement par les moyens légaux à la mise en liberté afin de ne pas rajouter à l'émoi des Ivoiriens en général et des victimes de ce drame national en particulier jusqu'à la fin de la procédure d'instruction ».
Claude Dauphin, directeur de la société Trafigura responsable du déversement des déchets d'Abidjan qui a causé la mort d'au moins dix personne, et Jean-Pierre Valentini, directeur de la zone Afrique de l'Ouest, vont continuer à profiter un certain temps encore de l'hospitalité de la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca).
Pascal Coesnon

dans la même rubrique
26/05/2012 La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle26/05/2012 Areva tourne vers L’Australie
26/05/2012 Le jurassien Tech Power revisite la signalétique












