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Déception pétrolière de Total en Irak

Le 14 décembre 2009 par Ana Lutzky
Petrole
© Shell

Total ne revient pas d’Irak en roi du pétrole

Les majors occidentales n’en pouvaient plus d’attendre. 36 ans après avoir été chassées du pays de l’or noir par Saddam Hussein, depuis la guerre enclenchée par les Etats-Unis et la chute du régime du parti baas, les vannes du pétrole leur sont à nouveau ouvertes. Le 6 novembre déjà, le ministère du Pétrole irakien annonçait l’attribution du droit d'exploitation du champ pétrolier géant de Qourna-ouest 1 à un consortium mené par ExxonMobil et Royal Dutch Shell. Pour les gisements aujourd’hui attribués néanmoins,Total repart quelque peu bredouille de la fabuleuse enchère aux réserves de pétrole irakiennes.

La part belle est plutôt aux BRIC : l’arrivée du malaisien Petronas, du chinois CNPC, du vietnamien Petrovietnam ou de l’indonésien Pertamina épicent un peu le panorama wasp des candidats. Quant aux russes, ils ont une place de choix, avantage à la remise en route et à l’optimisation des vieilles installations oblige. C’est ainsi Lukoil associé au norvégien Statoil qui a remporté le plus beau morceau du lot, le gisement Qourna-ouest 2. Shell et Petronas prennent la main sur le deuxième joyau, le gisement de Majnoun. Un autre consortium mené par le russe Gazprom, le sud-coréen Kogas, le malaisien Petronas et le turc TPAO a remporté le contrat pour le champ de Badra. L'angolais Sonangol  remporte les champs de Qaiyarah et de Najmah au nord, tandis que Garraf atterrit dans l’escarcelle du consortium composé du malaisien Petronas et du japonais Japex.

Reste que Total n’a pas pris la nouvelle comme un coup de cathédrale dans la tête. Son patron Christophe de Margerie avait prévenu : il irait dans le peloton, mais ne gagnerait pas à n’importe quel prix. Il repart même avec un lot de consolation : le petit champ d’Halfaya. Silivio Berlusconi, lui, n’a pas perdu pied face au coup de statuette dont il a été victime. Alors que le chef d’Etat italien était agressé au visage par un individu suivi de longue date en psychiatrie, il est ainsi ressorti de sa voiture pour montrer son faciès ensanglanté aux médias. Une anecdote que plusieurs observateurs ne jugent pas anecdotique, et qu'ils trouvent même révélatrice de la montée en puissance des BRIC, face au vieil occident.

«Les fous ont cette faculté d’incarner les vagues de violence latentes dans une société», note à ce propos le chroniqueur Alexandre Adler, rappelant que Reagan avait été « révolvérisé » par un déséquilibré au plus fort de la guerre froide. Le coup de « Duomo » semble au chroniqueur des plus symbolique. Un coup de massue pour la vieille Europe, et des espoirs permis pour les nouveaux émergents de la planète. Ainsi, pendant que l’occident se partage les éponges géologiques à hydrocarbures en Irak, Copenhague, où se négocie l’après-pétrole, donne de la voix aux sociétés civiles du Sud sur le financement de la transition climatique.

La valse des dettes d’Etat à trois temps : Dubai-Athènes-New York

C’est officiel, Abu Dhabi renflouera de 10 milliards de dollars sa petite sœur dépensière Dubai. La petite sœur a d’ailleurs assuré que les fonds iraient en priorité à Nakheel, la filiale immobilière de son conglomérat géant Dubaï World. Il était temps : ce lundi 4,1 milliards de sukuks (obligations islamiques) arrivent à échéance. La Grèce panse elle aussi ses blessures budgétaires à l’aide de l’onguent européen. Même le trésor américain compte ses deniers au plus près : la brillante idée de taxer les bonus des traders à Londres ne l’enchante guère, et Barack Obama entend bien l’expliquer au premier ministre britannique Gordon Brown. Si les banques réduisent les bonus des traders américains basés à Londres, c’est autant de taxes en moins pour Washington. Damned.

Droiture chilienne

Les présidentielles latines continuent. Après l’Uruguay et la Bolivie la semaine dernière, c’est au tour du Chili d’élire son chef d’Etat. L’atmosphère n’est pas au troc anti-capitaliste néanmoins. Tandis que le chef de l'Etat du Venezuela, Hugo Chavez, a proposé au nouveau président élu de l'Uruguay, José "Pepe" Mujica, un échange « pétrole contre vaches » des plus amicaux, c’est ici le "Berlusconi chilien" qui prend une sérieuse option sur la présidence.  Le multimillionnaire candidat de droite Sebastian Pinera est en tête au premier tour de la présidentielle dimanche avec plus de 44% des voix, et devrait disputer le second tour le 17 janvier contre le candidat du centre-gauche Eduardo Frei. La sortante socialiste Michelle Bachelet surfe pourtant en fin de mandat sur une popularité record à 75-80%. Mais la Constitution lui interdit de se présenter à deux mandats consécutifs. Et contrairement aux Kirchner, son conjoint n’assure pas l’intérim.




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Brésil, Russie, Inde, Chine, les BRIC sont l'avenir de la croissance mondiale. De pays émergents, ils sont désormais les pays dominants. La formation de nouveaux blocs renversent les anciens équilibres mondiaux. Ana Lutzky et Pierre-Olivier Rouaud décryptent les nouveaux enjeux géopolitiques au travers du prisme de l'actualité. L'information du monde pour écouter la planète.


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