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Débat tendu autour de l'OPA de Lactalis sur Parmalat

Par Rémy Maucourt - Publié le
Parmalat
© Aesdanae

L'offre publique d'achat (OPA) est lancée. Lactalis, qui détient déjà 29% du capital de l'Italien Parmalat, vient d'officialiser sa volonté d'acheter la totalité du groupe. La bataille s'annonce rude.

L'entité qui pourrait naître de la fusion des deux groupes réaliserait 14 milliards de chiffre d'affaires annuel. Lactalis espère ainsi devenir le numéro un mondial des produits laitiers. Avec un prix proposé de 2,60 euros par action, le groupe français envisage de payer 3,375 milliards d'euros son concurrent italien.

Les espoirs italiens de créer un géant national semblent compromis : Ferrero et Genarolo ont annoncé qu'ils ne souhaitaient pas investir dans Parmalat. Or ces deux industriels sont les seuls du pays qui pouvaient constituer une alternative crédible à Lactalis. 

Crispation en Italie

La montée progressive de Lactalis au capital de Parmalat a provoqué une poussée de nationalisme économique dans la péninsule. Le gouvernement y a même fait adopter un décret spécial pour faciliter la défense des entreprises stratégiques contre les OPA. Ce décret prévoit toute une série de mesures protectionnistes. Par exemple, des groupes étrangers souhaitant acheter une entreprise italienne devront obtenir l'accord du gouvernement 60 jours à l'avance.

Une mesure a même été spécialement conçue pour contrer Lactalis. Cette nouvelle règlementation des assemblées générales a permis à Parmalat de repousser la sienne, et donc de se donner le temps pour trouver de nouveaux investisseurs. Ces changements législatifs auraient poussé Lactalis à lancer l'OPA, selon le communiqué diffusé ce mardi.

Lactalis tente de rassurer

"Nous avons un projet de croissance ambitieux pour Parmalat, pour en faire un Groupe Italien de référence dans le lait de consommation au niveau mondial, ayant son siège, son organisation et sa direction en Italie."
Le président de Lactalis, Emmanuel Besnier, ne ménage pas ses efforts pour désamorcer la polémique.

Le ministre français de l'agriculture, Bruno Le Maire, avait justement exhorté le groupe français a apporter des garanties aux Italiens. Le conseil a visiblement été entendu : dans son communiqué, la direction de Lactalis assure que Parmalat restera italien.  "Lactalis confirme sa volonté de mettre en oeuvre son plan en respectant totalement le caractère italien de Parmalat, en y maintenant son siège, en préservant les implantations industrielles, les emplois et la filière italienne du lait, dans l’intérêt de l’économie du territoire local."

Le sujet sera abordé lors du sommet franco-italien du mardi 26 avril à Rome. Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, déjà en désaccord sur d'autres sujets, devront tenter de trouver un compromis sur ce thème.

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