Débat survolté à l'Assemblée nationale sur les heures supplémentaires

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Précieuse pour beaucoup d'industriels français, la défiscalisation des heures supplémentaires sera supprimée par le gouvernement Ayrault, vraisemblablement dès le 1er août.

Les députés ont entamé mardi soir l'examen de l'article sur la suppression des exonérations sociales et fiscales liées aux heures supplémentaires dans une ambiance électrique, incidents de séance à l'appui. La droite a notamment accusé la gauche de s'en prendre au pouvoir d'achat, à propos d'une mesure qui devrait entrer en vigueur le 1er août.

Le Président de la République François Hollande avait promis pendant la campagne d'abroger cette mesure emblématique de Nicolas Sarkozy, votée à l'été 2007. Elle va être supprimée dans le cadre du projet de loi de Finances rectificative 2012.

Plusieurs députés de l'opposition ont vivement attaqué le gouvernement, accusant le PS d'amputer le pouvoir d'achat. "Vous déconnectez les entreprises de leur réalité économique et sociale !", a lancé Bernard Perrut (UMP). "Vous commettez une injustice sociale immense", a renchéri Jean-Pierre Gorges (UMP), co-auteur d'un rapport parlementaire sur le sujet.

"Vous ne pourrez pas continuer de taper sur les salariés et les fonctionnaires", a lancé de son côté le centriste François Sauvadet, ancien ministre de la Fonction publique.

Pour l'ancien ministre Laurent Wauquiez, le PS "fait les poches des classes moyennes". "Nous défendons les classes moyennes et modestes, vous défendez les impôts !", a-t-il lancé.

Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, venu en fin de soirée, a estimé que le gouvernement était "dans un contresens complet" en supprimant cette mesure.

Cette subvention des heures supplémentaires à hauteur de 5 milliards d'euros par an par le gouvernement précédent était "une aberration économique", a répondu Pierre-Alain Muet (PS).

"Ce sont les syndicats qui vous ont demandé la tête des heures supplémentaires !", a enchaîné un autre ancien ministre, Xavier Bertrand (UMP). "Allez jusqu'au bout du raisonnement, si vous pensez que ceux qui font des heures supplémentaires prennent les emplois des autres, alors supprimez les 25 %" (de majoration de salaire, ndlr).

Suspension de séance et différence de point de vue

Signe d'une ambiance électrique dans un hémicycle plutôt fourni vu l'heure tardive, le PS a accusé le député Marc Le Fur (UMP) qui présidait les débats de favoriser des orateurs de l'opposition.

"A deux reprises les orateurs de l'opposition sont intervenus pendant 4 minutes", au lieu des 2 minutes réglementaires, a protesté le député PS Christian Paul.

"La mise en cause de la présidence est inacceptable", a rétorqué le président des députés UMP Christian Jacob, avant de demander une suspension de séance alors que les députés venaient à peine d'entamer la discussion.

A la reprise des débats, Marc Le Fur a temporisé : "Tout le monde part avec de bonnes intentions, en prenant le temps de s'écouter les uns les autres..."

Le président des députés PS, Bruno Le Roux, a ensuite pressé "le président Jacob" de stopper "les manoeuvres de retardement", avant que ne soit décidée une nouvelle suspension de séance...

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