"De plus en plus d’entreprises comprennent l’importance de l’intelligence économique"

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© P. Guittet - L'Usine Nouvelle

Ce 29 juin, à Paris, ont lieu les Etats généraux de l’Intelligence économique (IE). L’occasion de revenir sur l’importance pour une société d’être bien informée aujourd’hui. Entretien avec Charles Pahlawan, le directeur de développement à l’Ecole de Guerre Economique.

L'Usine Nouvelle - Intelligence économique, le terme peut paraître vague encore aujourd'hui. Quelle est votre définition ?
Charles Pahlawan - L'intelligence économique est un univers qui va de la veille économique au "market access". Il repose surtout sur la collecte et l'analyse d'informations stratégiques. Des informations qui ont un poids pour les décideurs, qui leurs servent d'outils de décision. L'Intelligence économique sert à scanner une entreprise, voire si un marché existe, aider à le pénétrer, prévenir les risques en tous genres et même faire du lobbying. Par exemple, si une entreprise souhaite s'installer en Inde, elle devra prendre une participation dans une société locale. L'Intelligence économique lui donnera des conseils et l'aidera à vérifier si l'entreprise est viable, s'il existe des risques financiers et mêmes s'il existe des risques de pillage de propriété intellectuelle. Le but reste d'aider les entreprises à mieux se développer.

Quel est l'état de santé du secteur ?
C'est un secteur en pleine expansion, avec une croissance moyenne approximative de 8 % par an. C'est un secteur jeune, qui a à peine vingt ans et qui se divise en trois volets : les acteurs publiques avec les organismes nationaux et régionaux, les boites de conseil spécialisées et enfin les divisions d'IE internes aux entreprises.

Quel est le rapport qu'entretiennent les entreprises du secteur industriel avec le monde de l'intelligence économique ?
Cela dépend de leur taille. Certaines grandes entreprises ont leurs propres services de veille, mais souvent ils sont divisés et communiquent mal entre eux. Ils ont alors besoin de l'aide d'un cabinet extérieur pour analyser les données et les informations et les aider à prendre les décisions sur une approche de marché par exemple.

Les PME, elles, sont dans une autre optique. Elles ne peuvent pas se permettre de payer du personnel à plein temps pour qu'il s'occupe de la veille ou de la collecte d'informations. Résultat : elles font appel à un cabinet ou à une structure publique pour mieux cerner les marchés et les pénétrer ou encore pour avoir accès à un réseau local. Les cabinets peuvent, par exemple, les aider à prendre contact avec des entreprises locales dotés d'unités de production. Ils peuvent aussi faire du lobbying pour elles.

Quels sont les principaux aspects abordés durant ces Etats généraux de l'Intelligence économique ?
Le secteur de l'IE a beaucoup évolué en France, mais aujourd'hui ça reste un micro marché. Les discussions porteront sûrement sur comment faire en sorte qu'il continue de progresser : comment faire comprendre que l'information ou la contre-information sont une arme. Nous sommes à un tournant où de plus en plus d'entreprises en comprennent l'importance. Surtout avec la généralisation du web et l'apparition de nouvelles thématiques telles que l'e-réputation.

Ce sera aussi l'occasion de lancer l'Institut pour l'intelligence économique. Une structure dont le but sera de fédérer la profession et de partager des connaissances. Nous voulons en faire une sorte de "Think Tank" de l'IE, une référence aussi. Nous allons d'ailleurs bientôt éditer un manuel d'intelligence économique sous l'égide de l'institut. Un manuel dont nous espérons faire la "bible"  de l'IE.

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