En 2012, l’exploration et la production du pétrole sont en forte hausse, tandis que le raffinage peine. Cette année marque aussi l’essor des huiles de schiste.
Les investissements mondiaux dans les hydrocarbures sont très dépendants de la croissance économique et des tensions en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Autant d’éléments qui font déclarer à Olivier Appert, le président de l’Institut français du pétrole (IFPEN), que "l’incertain est la seule certitude que l’on a !"
Selon l’Institut, le prix du baril de Brent va se situer à 110 dollars/baril en "zone d’équilibre instable". En cas d’inquiétude sur la croissance mondiale, il penchera entre 90 et 100 dollars/baril. Mais si les craintes géopolitiques se renforcent, le baril pourrait dépasser 120 dollars.
Malgré ces incertitudes, les investissements dans l’exploration et la production sont en forte croissance : +13 % entre 2011 et 2012. Ils atteignent 640 milliards de dollars. Cette hausse conséquente est surtout portée en mer du Nord où de grands programmes sont en cours pour enrailler les déclins de production. En 2013, les investissements devraient atteindre 723 milliards de dollars tirés par les grands projets en Australie, au Brésil et en Irak.
Record pour la géophysique
Naturellement, ces sommes ont un impact sur le monde de la géophysique, la recherche de réserves dans les sous-sols. Un monde qui retrouve cette année les niveaux record d’investissements de 2008, à plus de 15 milliards de dollars. Sur ce marché en forte croissance, on voit d’ailleurs apparaître de nouveaux acteurs chinois qui concurrencent des leaders comme le Français CGGVeritas.
"La différenciation ne peut se faire que par la maitrise des technologies", explique Olivier Appert. Si l’exploration et la production vivent une vraie euphorie, "en revanche, le raffinage connait une véritable pause", juge Nathalie Alazard-Toux, la directrice économie et veille à l’IFP.
Le marché mondial est quasi stable pour passer de 68 à 69 milliards de dollars entre 2011 et 2012. Globalement, il y a une chute de 15 % de nouveaux projets en 2012… et la quasi-totalité des nouvelles unités en construction se situent en Asie et au Moyen-Orient.
En 2012, la surprise vient des huiles de schiste qui pourraient redistribuer les cartes comme les gaz de schiste ces dernières années. "En 2012, nous prenons conscience de l’effet des huiles de schiste aux Etats-Unis. La production est déjà au-dessus des scénarios du Department of Energy", indique Olivier Appert.









