Selon le journal les Echos, le capital d'Airbus pourrait être ouvert à de nouveaux actionnaires venus des Emirats arabes.
L'objectif serait de remplacer l'anglais BAE Systems, qui a vendu sa participation de 20 % dans Airbus pour 2,75 milliards d'euros. Les dirigeants d'EADS, maison mère d'Airbus, auraient entamé des discussions avec les fonds d'investissement Dubaï
International Capital (DIC) et Qatar Investment Authority (QIA). Par ailleurs, ils essaieraient aussi de convaincre la banque publique russe VTB de transformer les actions
EADS (environ 7 % du capital) qu'elle a rachetée sur le marché, en actions Airbus. EADS a pour l'instant démenti les informations parues dans
les Echos. L'opération aurait lieu avant la fin de l'année sous forme d'une augmentation de capital réservée. Le choix de DIC et de QIA n'est pas fortuit puisque ces deux émirats sont de gros clients d'Airbus.
Ce montage, s'il se concrétise, aurait un double avantage. D'une part, il permettrait de boucler le financement du futur A350, dont le budget est estimé à 9 milliards d'euros. EADS aura du mal, seul, à assumer un tel investissement, d'où les retards pris dans le lancement de cet appareil destiné à concurrencer les Boeing longs courriers 787 et 777. D'autant que l'utilisation du système des avances remboursables, qui permet de financer un tiers des coûts de développement, risque d'être interdite à terme à EADS. Du reste, Airbus a annoncé son intention de déléguer environ 50% de l'A350 à ses fournisseurs (voir dépêche du 15 novembre «
Airbus va externaliser plus »), pour en partager le financement.
Second avantage, en intégrant les russes dans la boucle au niveau d'Airbus, et non plus d'EADS, le groupe européen se ménage un sourcing de production à faible coût en Russie, et fait taire les critiques (l'entrée des capitaux russes dans EADS faisait craindre pour la confidentialité de certaines activités militaires chez EADS). Cette opération serait donc un joli coup pour EADS.
G.L-B