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"De nombreuses opportunités pour les industriels français en Libye"

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Nicolas Sarkozy se rendait jeudi 15 septembre à Tripoli, en Libye. Ayant soutenu les rebelles contre le régime Kadhafi, l’accueil fut chaleureux. Sur le plan économique, "ce succès d’estime sera un atout", "ce qui ne nous garantit pas pour autant de gagner les marchés libyens", rappelle Thierry Courtaigne, vice-président du Medef International.

De nombreuses opportunités pour les industriels français en Libye © Reuters

L'Usine Nouvelle - Les industriels français peuvent-ils se placer sur les marchés Libyens ?

Thierry Courtaigne - Oui. Ils ont une vraie stratégie méditerranéenne. Ils sont implantés au Maroc, en Algérie, Tunisie, Liban et Egypte. Il manquait le maillon libyen. Pendant des années, ce marché a été sous embargo et il était, depuis 1945, complètement opaque. Nous avons entre 45 et 50 entreprises françaises implantées en Libye contre 1 500 en Tunisie. Aujourd’hui, il y a de nombreuses opportunités qui s’ouvrent aux industriels.

Quels secteurs industriels sont concernés ?

Déjà, on sait que les Libyens vont avoir besoin de collaboration dans des secteurs endommagés par le conflit récent. Ils ont besoin d’infrastructures en eau, dans les télécoms, la gestion de déchets et la construction d’édifices publiques. Ils vont acheter aussi des machines outils car les équipements d’usines n’ont pas été épargnés par les bombardements. Beaucoup de cimenteries ont été touchées et leur équipement était déjà parfois dégradé par de mauvais entretiens. Dans le domaine pétrolier et gazier, ils vont avoir besoin d’outillage. Dans la santé, il faudra construire des hôpitaux et les équiper. L’agroalimentaire est concerné aussi.

Pourquoi l’agroalimentaire ?

Pour le moment, les besoins de la population sont couverts par l’importation. Toute la chaîne agroalimentaire est à construire, des champs des agriculteurs aux usines de conserves.

Et, pour tous ces secteurs, c’est maintenant qu’il faut se placer ?

Pas encore mais il faudra être rapidement prêt. En Libye, le conflit n’est pas fini. Il y a des poches de résistance qui persistent. Les nouveaux dirigeants doivent s’organiser et se mettre d’accord. Dans le pays, il y a plus de 140 tribus. Et la stabilisation doit se faire avec doigté pour éviter des blocages d’une ou plusieurs d’entre elles.

Aujourd’hui, Alcatel a déjà obtenu un contrat pour développer le réseau mobile de Benghazi, et Bolloré un contrat dans le port de Misrata. Comment ont-ils fait ?

Je ne suis pas dans le secret des Dieux mais, ce que je sais, est qu’ils étaient déjà présents sur le marché. Ils étaient installés en Libye. Quand le pouvoir s’est renversé, ils sont allés voir leurs partenaires et leur savoir-faire a été reconnu. Pour eux, le travail est en marche. Pour les autres, nous sommes en train de nous préparer pour avoir les meilleures offres possibles quand le Conseil National de la Résistance prendra ses décisions.

Et vous vous préparez comment ?

Déjà, il faut savoir que la France a un succès d’estime grâce à son rôle important dans cette révolution. Mais cela ne signifie pas que le marché est gagné. Il faut surtout une offre adaptée, c’est-à-dire compétitive, bien ficelée et adaptée à la demande. L’estime qu’ils nous portent ne doit pas nous épargner l’effort de faire du bon travail. Cela passe par un aspect technique bien sûr mais surtout par une connaissance du terrain. La population libyenne était dans une cocotte minute. Maintenant que la cocotte est ouverte, il faut apprendre à la connaître. Nous croyons que l’approche humaine est primordiale pour comprendre leurs besoins. Et c’est ce qui fera vraiment la différence par rapport aux autres pays.

Qui sont nos compétiteurs sur ce marché ?

Les Italiens sont présents. Les Anglais aussi. Et les Chinois s’intéressent de près à ce nouveau marché. Mais il y a aussi les pays voisins : la Tunisie et l’Egypte. Et ça c’est un atout supplémentaire pour la France.

Comment cela peut-il être un atout ?

Les Français sont très présents en Tunisie et en Egypte. Avec le savoir-faire français, notre technologie et la connaissance culturelle et le réseau des Tunisiens, nous avons une offre très complète pour pénétrer le marché libyen et répondre aux besoins de la population. Ces contrats tripartites ne sont pas le seul moyen de se faire une place, mais c’est un bon moyen.

Donc, pour résumer, que conseillez-vous aux industriels français pour travailler avec la Libye ?

Les Français doivent être sur la ligne de départ. Il faut comprendre ce dont les Libyens ont besoin. Puis quand viendra le moment de signer des contrats, les PMI auraient intérêt à avoir les conseils d’un avocat pour les PMI. Les grands groupes ont l’habitude. Mais, pour eux qui sont aussi concernés par les opportunités en Libye, le contrat reste la meilleure protection. Dans le pays, il y a tout à reconstruire y compris l’administration.

Et vous les accompagnez pour cela ?

Nous parlerons de tout ça autour d’une réunion sur la Libye qui se tiendra au Medef International le 28 septembre. Nous traiterons globalement de la population libyenne et des contrats. Puis nous aborderons, en table ronde, comment l’emporter sur les marchés de la santé, des équipements et celui du secteur pétrolier et gazier.

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