C'est l'emploi qui a monopolisé l'actualité cette semaine. Dans un premier temps, lors de la grande conférence sociale qui s'est déroulée lundi et mardi au Conseil économique social et environnemental. Puis à la fin de la semaine, PSA met des chiffres sur son plan de restructuration. Bilan : 8 000 suppressions d'emplois en France, dont 3 000 à l'usine d'Aulnay.
Le fait marquant
Après des semaines d’attente et de suppositions, PSA lève le voile sur son plan de restructuration. 8 000 emplois seront supprimés et c’est finalement confirmé : l’usine d’Aulnay qui, emploie 3000 personnes, fermera en 2014. Une véritable catastrophe économique et sociale pour la ville et la Seine-Saint-Denis. "L’onde de choc va être terrible et nous n’aurons pas les moyens de l’amortir seuls", déplore Gérard Ségura, maire d’Aulnay.
Sur place, la tension est palpable, jeudi 13 juillet, après l’annonce officielle du constructeur. "Depuis un an, la direction ment à l’opinion publique. On ne peut plus lui accorder le moindre crédit !", gronde Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT.
Du côté des politiques aussi, on s’insurge. Aranud Montebourg le ministre du Redressement productif, pointe du doigt le devoir de PSA vis-à-vis de la nation française. On accuse également le précédent gouvernement d’avoir voulu étouffer l’ampleur du plan avant la présidentielle.
La situation économique du premier constructeur français est symptomatique d’une industrie française malade. Une maladie sur laquelle le gouvernement va devoir plancher pour trouver une solution.
Lundi 9 juillet
C’est le premier véritable examen de passage pour le gouvernement Ayrault. Durant deux jours, au palais d’Iéna, les partenaires syndicaux et patronaux se rencontrent. Cette conférence doit lancer, dans la concertation, les grands chantiers sociaux du quinquennat.
A l’issue de la première journée, les mines sont plutôt décontractées. Les objectifs semblent atteints. Dans son discours de clôture, Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, fournit quelques éléments de la feuille de route des prochains mois. Parmi les premiers chantiers, celui de la réforme du Smic et des mesures d’amélioration du chômage partiel. Priorité donnée à l’industrie, soutient le Premier ministre. Une affirmation qui devrait satisfaire les Français qui estiment, dans un sondage exclusif publié dans L’Usine Nouvelle, que c’est un secteur à défendre en priorité.
Mardi 10 juillet
Nouveau rebondissement dans la saga des prix du gaz. Saisi par GDF Suez et les distributeurs alternatifs de gaz (Poweo, Direct Energie et Altergaz), le Conseil d’Etat a annulé le gel des tarifs du gaz décidé par le gouvernement Fillon sur la période allant du 1er octobre au 31 décembre 2011. La décision du Conseil d’Etat impose au gouvernement actuel de procéder à une hausse rétroactive des tarifs qui pourrait atteindre environ 10 %.
Mercredi 11 juillet
La Cour des comptes vient de publier son rapport sur le bilan à mi-parcours de la loi de programmation militaire. Cette loi prévoit une dépense cumulée de de 180 milliards d’euros sur la période 2009 à 2014, et de 377 milliards jusqu’en 2020.
La Cour souligne notamment que les dépenses ont été supérieures de 1,9 Md€ fin 2011 aux prévisions du fait d’hypothèses budgétaires trop optimistes. Par exemple, les exportations du Rafale n’ont pas été réalisées.
Jeudi 12 juillet
Journée animée sur le front de l’automobile. Alors que PSA truste les medias, Opel annonce la démission de son patron Karl-Friedrich Stracke. Nommé en 2011 par General Motors pour prendre les rênes de la filiale en difficulté, l’Allemand avait pour mission de redresser les comptes de l’entreprise. C’est Stephen Girsky - l’homme qui a mené les restructurations lorsque la marque à l’éclair a été placée en procédure de sauvegarde - qui assure l’intérim à la tête de GM Europe.
Vendredi 13 juillet
Le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, reçoit les syndicats du groupe volailler Doux. A Rennes, il les assure de sa volonté de préserver un maximum d'emploi. Il affirme également que les offres déposées par les 12 potentiels repreneurs pouvaient être améliorées. Elles "ont déjà bougé" mais elles "doivent encore bouger. Il y a encore des marges de progrès, d'amélioration", estime-t-il.
Le tribunal de commerce de Quimper doit statuer pendant la semaine du 23 juillet mais la décision devrait être mise en délibéré.









