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De l'eau pour tous: un bien public, des services privés

Le 18 mars 2010 à 11h 07 par Agathe Remoué
Extrait sur 7658 caractères : Sur six milliards d’hommes et de femmes, quatre n’ont pas accès à l’eau courante. Un défi de grande ampleur auquel l’ONU, dans ses Objectifs du millénaire pour le développement, accorde une place toute particulière. L’organisation affirme qu’il faudra, dans un premier temps, diviser par deux la population qui n’a pas l’eau potable à moins de quelques heures de chez elle, d’ici à 2015. Soit près d’un milliard de personnes. Un tel déploiement ne se fera pas sans les opérateurs privés. C’est ce qu’ont déjà compris l’Algérie, la Chine, la Malaisie, la Russie… qui font désormais largement appel à ces sociétés pour la construction et la gestion de leurs réseaux d’eau. Depuis 1990, selon un rapport de la Banque mondiale, le privé a raccordé 100 millions de personnes dans les pays émergents, soit à peine moins de la moitié de ce qu’ont fait les organismes publics. Avec un niveau de qualité rarement contesté. Mais raccorder chaque foyer à de l’eau saine coûte cher! L’aide publique internationale représente à peine 6 milliards d’euros annuels. Or, « il faudrait 10 à 20 milliards de dollars supplémentaires pour satisfaire les besoins minimums » , estime Gérard Payen, le président d’Aquafed, la Fédération internationale des opérateurs privés, et conseiller des Nations unies. Des fonds qui viendraient s’ajouter aux investissements propres de chaque pays. L’enjeu est sanitaire, mais aussi économique: en Afrique, les coûts liés aux maladies relatives à l’eau représenteraient 5% du PIB. Il y a donc urgence. Mais pour attirer les opérateurs privés sur ces marchés, encore faut-il que la gouvernance s’améliore: le cadre réglementaire et le financement doivent être clairs. Trois zones remplissent aujourd’hui ces conditions: le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et la Chine. Pour lutter contre une sécheresse chronique, le Moyen-Orient emploie les grand moyens. « Malgré la crise, nous avons eu une croissance à deux chiffres% de nos activités sur deux ans dans cette zone » , signale Patrice Fonlladosa, le délégué Veolia Environnement pour l’Afrique et le Moyen-Orient. En 2010, les dépenses consacrées à l’eau potable et...

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