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De l’art de rendre ses produits durables

Olivier Cognasse ,

Publié le

Loi Hamon, ras-le-bol des produits jetables… Certains industriels mettent tous les moyens en place pour s’assurer de la durabilité de leurs produits.

De l’art de rendre ses produits durables
Le fabricant Tolix a dû revoir le système de fixation de ses chaises métalliques après la phase de tests.

Acheter des produits qui durent et qui sont réparables n’est plus une vue de l’esprit. Un changement des mentalités est en route. Les Français veulent consommer moins et mieux. Aux industriels de s’adapter, mais sans mettre en danger la vie du consommateur. « La moitié des produits rappelés en 2013 concernent des articles sensibles comme les jouets et les produits électriques », rappelle Hélène Martin-Largement, la directrice des laboratoires SGS CTS (Consumer testing services). L’éco-conception, qui commence à entrer dans les moeurs des industriels, est une réponse. « Ils ont conscience d’une réelle évolution sociétale, renforcée par la loi Hamon du 13 février, qui doit protéger le consommateur. Nous enregistrons une demande croissante pour des tests intensifs afin de vérifier la durabilité des produits. »

1 Miser sur l’éco-conception

L’éco-conception passe par une substitution des produits dangereux, la réduction des matières utilisées pour fabriquer un produit, le recyclage en fin de vie, la réduction de la consommation d’énergie par unité produite… et une durabilité accrue. « Dans une période où l’on parle beaucoup d’écologie punitive, l’éco-conception fait la démonstration qu’il n’y a pas d’antagonisme entre écologie et argent. C’est un outil de compétitivité », soutient Bruno Léchevin, le président de l’Ademe.

Éco-concevoir ses produits, c’est réduire les impacts environnementaux. Hélène Martin-Largement précise que « la tendance des clients est de rapprocher le sourcing en Europe, pour réduire les coûts de transport et les risques de non-qualité qui augmentent les coûts. » Certains industriels sont dans cette logique depuis des décennies. C’est le cas de SEB. « Nous sommes dans une démarche historique lancée depuis soixante ans. Nos produits sont peut-être trop durables », regrette presque Alain Marlier, le directeur qualité du groupe, dont l’une des voies de progrès est « l’amélioration permanente grâce aux remontées d’informations de nos consommateurs qui nous alimentent pour opérer des correctifs ». Autre exemple : BiC. Depuis l’origine, ses stylos sont conçus pour durer, « même si le consommateur n’a pas forcément conscience de la qualité du produit », regrette Bénédicte Cusinberche, la directrice développement durable en Europe. Les fameux stylos Cristal sont destinés à écrire entre 2 et 8 kilomètres. Le fait que 80 % des stylos sont encore fabriqués dans l’Hexagone est un gage de qualité.

2 Rendre les produits réparables

La durabilité des produits dépend de leur conception et de leur production, mais aussi de leur « réparabilité ». « Quand on conçoit un produit pour une utilisation sur le long terme, le consommateur doit savoir s’il peut le faire réparer », précise Alain Marlier. Il faut développer un réseau de réparateurs importants et garantir la disponibilité des pièces détachées. Chez SEB, 80 à 90 % des électroménagers sont réparables par les quelque 6 000 réparateurs répertoriés dans le monde. Les pièces détachées sont disponibles sept ans après le retrait d’un produit de la vente. La nouvelle législation sur la consommation, dite loi Hamon, va dans ce sens. Elle prolonge la durée des garanties sur les produits manufacturés de six mois à deux ans et oblige le fabricant à indiquer combien de temps les pièces détachées seront disponibles.

3 Multiplier les tests pour améliorer la production

SGS CTC contrôle chaque année plusieurs dizaines de milliers de produits sur des périodes allant de trois semaines à trois mois. La tendance est à une forte augmentation des tests de performance, qui représentent environ 30 % de l’ensemble des tests. Il y a tout d’abord de nombreuses normes internationales, européennes et françaises à respecter, y compris pour la réalisation des tests, mais aussi la volonté de s’assurer que ces articles sont quasiment infaillibles. « Après les analyses, nous faisons le diagnostic avec notre partenaire. Nous récupérons les produits défectueux, nous recherchons les causes. Nous devons être force de proposition, notamment pour remplacer un matériau par un autre. Nous sommes dans un concept de reverse ingeneering », explique Hélène Martin-Largement. SGS travaille avec plusieurs dizaines d’acteurs du marché français. Généralement, un cahier des charges est défini par le client pour mettre en oeuvre des protocoles de tests. Chez SEB, qui lance environ 250 produits par an, des contrôles internes et externes ont lieu pendant les phases de conception et de production. « 400 à 500 tests sont confiés à des laboratoires tels que SGS et LCIE Bureau Veritas. Si les résultats sont en deçà de ce que nous attendons, nous réajustons notre production », assure Alain Marlier.

LCIE, la filiale de Bureau Veritas, qui travaille aussi pour BiC, contrôle plus de 15 000 produits par an. « Nous menons des essais de performance sur des pull-overs avec des tests de résistance à la lumière et à l’eau. Nous mesurons la qualité des coutures », indique Sophie Petersheim, la responsable marketing et biens de consommation chez Bureau Veritas. Pour les nouveaux mobiliers, SGS aide Tolix, fabricant bourguignon de mobilier métallique, dans la conception des modèles. Par exemple, « pour un nouveau modèle de chaise, nous avons dû adapter notre mode de fixation », précise-t-on chez Tolix à Autun (Saône-et-Loire).

4 Valoriser la caution des labos

« De plus en plus de distributeurs et d’industriels pratiquent des tests, car leur responsabilité est engagée et ils veulent se démarquer de la concurrence par la qualité », indique-t-on chez LCIE. Un moyen de se rassurer. Chez Tolix, « pour qualifier cette durabilité vis-à-vis des clients, nous avons choisi des tests standardisés depuis 2013 avec SGS, souligne Aurélie Andriot, responsable industrielle. Nous effectuons des tests de tenue mécanique et de vieillissement sur les anciens modèles ». Chez BiC, « le laboratoire extérieur apporte une caution, car il est reconnu, explique Bénédicte Cusinberche. Nous avons nos laboratoires internes, mais nous pouvons nous assurer que ce que l’on avance est vérifiable ». Les essais sont réalisés dans tous les pays avec 15 prélèvements par couleur et par marché. Des tests réalisés par SGS, mais aussi par Bureau Veritas et le LNE pour la conformité et la sécurité. « Les résultats sont toujours les mêmes », affirme-t-on chez le fabricant de stylos. Sousentendu, il n’y a jamais de défaut.

La profitabilité de l’éco-conception

Téléchargez sur usinenouvelle.com/centre-de-ressources le rapport "La Profitabilité de l’éco-conception : une analyse économique", fruit d’une collaboration entre l’Institut de développement de produits de Montréal (dp-ipd.com) et le Pôle éco-conception et management du cycle de vie de Saint-Étienne (eco-conception.fr). 

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