DCNS affûte son réseau de fournisseurs
Le 10 septembre 2010 par Rémy Maucourt
Le constructeur naval militaire va diviser par deux le nombre de ses sous-traitants au cours des trois prochaines années.
DCNS a mis en marche une nouvelle phase de son projet de développement baptisé Championship. Dans l'objectif de réduire ses coûts de production de 30%, le constructeur compte passer de 8000 à 4000 fournisseurs d'ici 2013. Les achats seront standardisés, et les produits les moins technologiques achetés en Asie.
Ces nouvelles ont de quoi inquiéter les sous-traitants actuels, mais le PDG de DCNS Patrick Boissier leur a également donné des orientations plus positives. Les sociétés qui seront sélectionnées ("le top niveau mondial") signeront des partenariats à long terme, "ce qui leur permettra d'investir, d'embaucher, de développer leur R&D". Ce dernier point est important: DCNS veut impliquer plus fortement ses fournisseurs dans la conception des navires. Une méthode qui permettra de partager les frais, les risques, mais également les retombées positives de la R&D.
Pour mettre en place cette organisation similaire à celle du secteur aéronautique, DCNS va soutenir des regroupements chez certains de ces fournisseurs, mais ne compte pas prendre de participation dans leurs capitaux. Le constructeur naval a pourtant récemment acheté un tiers de Principia, une PME d'ingénierie scientifique spécialisée dans les études navales.
Ces efforts sont au service d'une grande ambition: DCNS, qui aujourd'hui travaille principalement avec la marine française, veut devenir le leader mondial à l'exportation. Le contexte est très particulier: beaucoup de pays entretiennent leur marine avec leur propre industrie. Pour Patrick Boissier, "les marchés ouverts, où l'on peut se battre, se trouvent en Asie du Sud-Est, au Moyen Orient et en Amérique du Sud. Ils représentent un chiffre d'affaires de trois milliards de dollars par an." Tout le plan Championship est voué à cet objectif: devenir moins cher pour pouvoir conquérir ces marchés avant que les pays émergents ne deviennent plus pointus techniquement.

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