Le plan automobile présenté hier, 25 juillet, par les deux ministres Arnaud Montebourg et Michel Sapin, a voction à relancer toute la filière auto en France. Rédacteur du Livre Blanc de l’ACSIA, l'Association des Collectivités de Sites d’Industrie Automobile, Philippe Bonnin voit "un plan qui va dans le bon sens".
L’Usine Nouvelle - Le plan automobile repose sur un volet véhicules électriques et hybrides. C’est une orientation qui peut sauver l’automobile française ?
Philippe Bonnin - La France dispose dans ce domaine de véhicules intéressants et il faut faire en sorte que la technologie française soit mise en valeur. Le cœur du marché français repose sur les véhicules des segments B et C, il s’en vend aussi quelques millions en Europe. Ces véhicules sont aussi de faibles consommateurs de carburant. Il faut maintenant parfaire le modèle et rapatrier leur production en France. Quand on dit ‘La France doit prendre une longueur d’avance sur le véhicule de demain’, c’est aussi revoir la façon de produire ces véhicules, revoir leur intégration industrielle.
La compétitivité, notamment coûts, est pointé comme l’un des problèmes de la filière automobile. Comment y répondre ?
Il faut voir que les coûts sociaux évoluent dans tous les pays. Les rémunérations vont aussi évoluer dans les pays à bas coûts. Il faut donc tenir le temps que les coûts se rejoignent. Il faudrait par exemple initier un marché de proximité dans les nouveaux états-membres. Plus largement, il faut redéfinir les process industriels pour redonner de la compétitivité.
Arnaud Montebourg a dénoncé l’accord de libre-échange avec la Corée du Sud. Le protectionisme est-il une solution de relance ?
Il faut avoir le courage de rejeter la naiveté en ce qui concerne les accords commerciaux et la concurrence internationale. Vu l’état de l’économie européenne, et de celle de la France, ces accords doivent être de parité et réellement favoriser les échanges.
Philippe Varin a proposé un plan de revitalisation du site de Rennes-La Janais, situé sur votre commune. Avez-vous été associé au processus ?
Les industriels demandent beaucoup aux collectivités locales et nous sommes disponibles. PSA a été frileux par le passé face à certaines opportunités de diversification, notamment par rapport à Bolloré. Si le site de La Janais doit faire évoluer son activité, ce doit être dans un plan stratégique. Il faut voir si PSA décide dans le cadre de l’Alliance d’abandonner le segment des grandes berlines et pour quelles raisons, pour recevoir en échange d’Allemagne le monospace Zafira? Dans la région, la sous-traitance a été restructurée depuis les années 90 pour produire des véhicules d’excellence. Si on baisse en gamme, on déstabilise ces entreprises. Tout doit être pensé.









