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Danone au chevet de ses éleveurs laitiers

Par Patrick Déniel - Publié le

Alors que la filière laitière vient de vivre deux années de relations chaotiques entre les éleveurs et les industriels sur le thème de la fixation du prix du lait, le groupe de Franck Riboud veut renforcer le lien avec son amont agricole. Il lance un programme de cinq ans baptisé « Acteurs pour un lait durable ».

 Danone est un petit acteur de la collecte laitière française avec 4,5 % des volumes nationaux. Il n’est d’ailleurs pas celui qui a les relations les plus conflictuelles avec ses producteurs. Danone collecte chaque jour la production de 3 300 producteurs français dans cinq grands bassins de production. « Nous avons besoin de lait frais autour de nos cinq usines ! », explique Stanislas de Grammont, le directeur général de Danone Produits Frais France, qui veut donner plusieurs mois de lisibilité sur l’évolution des prix à ses producteurs.

« Le secteur laitier vit actuellement une mutation, poursuit Stanislas de Gramont. Nous allons passer d’un régime régulé sur les prix et les volumes à un système dérégulé après la réforme de la Politique agricole commune (PAC) qui devrait mener à une hausse de la fréquence et de l’amplitude des oscillations de prix. Cela peut mener à des tensions. Chez Danone, nous avons la certitude que nous ne sommes qu’au début de la crise du lait ! »

Le groupe laitier prépare les mécanismes de contractualisation que la dernière loi de modernisation agricole (LMA) va rendre obligatoire dans les prochains mois. Un test est actuellement conduit avec les producteurs dans plusieurs zones de collecte du groupe. Il devrait durer jusqu’à la mi-mars. Un mécanisme « double prix – double volumes » a été institué : un premier prix sur les volumes dont le groupe a besoin, et un deuxième équivalent à celui du marché spot (cotation beurre-poudre) pour les volumes excédentaires que le producteur désirerait produire en plus, et que l’industriel s’engage à collecter et à vendre sur le marché.

Le groupe a également lancé une démarche pilote dans le Sud-ouest de la France pour aider les producteurs à réfléchir à la compétitivité de leurs exploitations, notamment par le biais d’audit techniques et des plans de progrès conduits par des partenaires externes (Institut de l’Elevage, Contrôle laitier, Chambres d’Agriculture…) : « Ce se fait aujourd’hui en général chez les producteurs en difficulté, mais nous voulons le faire de façon massive chez nos producteurs », affirme Florence Chambon, directrice lait de Danone.

Danone souhaite également développer la production de lait bio autour de son usine du Mollay-Littry, en Normandie, qui produits les yaourts et formages blancs à la marque « Les 2 vaches ». « Le marché de l’ultra-frais bio est d’environ 12000 à 15 000 tonnes en France, explique Stanislas de Gramont. Potentiellement, il peut être multiplié par quatre ou par huit dans les dix ans. Nous avons vocation à prendre une part de marché significative sur le bio. Nous visons 25 000 à 40 0000 tonnes de produits ».

 

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