Daher ne croit pas à une consolidation franco-française

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Daher
© L'Usine Nouvelle

Patrick Daher, président du groupe éponyme, mise avant tout sur la croissance organique et souhaite se renforcer sur le marché nord-américain.

Lors de l'annonce de son nouveau plan stratégique le 6 février, Patrick Daher, PDG du groupe familial du même nom positionné sur les marchés aéronautique, nucléaire et des industries des biens d'équipement, a critiqué l'idée d'une concentration des acteurs français dans le domaine des aérostructures. "Réfléchir entre acteurs franco-français sur un marché mondial où le nombre d'acteurs est extrêmement limité, est quelque chose que je ne comprends pas (…) Je ne suis pas fana de la consolidation, mais, pas du tout".

Le dirigeant prend ainsi le contrepied de ses homologues d'EADS qui militent depuis longtemps pour un rapprochement entre Aerolia, Sogerma et Latécoère, trois des principaux fabricants hexagonaux d'éléments de fuselage et fournisseurs d'Airbus. Si une telle opération avait lieu, il y aurait donc peu de chances que Daher s'y associe.

Selon le dirigeant, les rapprochements doivent s'envisager au moins au niveau européen. A cette échelle, il serait alors de possible de donner naissance à des acteurs capables de rivaliser avec les fabricants Spirit aux Etats-Unis ou GKN au Royaume-Uni, des groupes environ cinq fois plus importants en terme de chiffre d'affaires que Daher (925 millions d'euros en 2012).

Pour l'heure, le groupe pense qu'il peut se développer sur le modèle des ETI (entreprises de taille intermédiaire) allemandes. "Je préfère que nous jouions l'excellence et la spécialisation. (…) Le fait d'avoir un fabricant d'avions (Daher fabrique l'avion monomoteur à hélice TBM, ndlr), capable d 'apporter ses bureaux d'études et ses savoir-faire permet de réaliser des tronçons encore plus intégrés, de comprendre la problématique de nos clients et d'éviter des retards dans les programmes", a-t-il expliqué.

Une stratégie qui porte ses fruits : Daher a été reconduit par Airbus pour fournir le carénage ventral et des éléments du mat réacteur de l'A320 NEO. Il a été également sélectionné par Eurocopter comme l'un des principaux fournisseurs du fuselage de l'hélicoptère X4, le successeur du Dauphin. Enfin, il fournira une partie du fuselage du futur avion d'affaires de Dassault.

S'il mise d'abord sur la croissance organique, le groupe n'écarte pas l'idée de procéder à de nouvelles acquisitions, après le fabricant d’avion d’affaires Socata en 2009, et des opérations plus récentes sur le secteur nucléaire (Vanatome et Verdelet en 2011). "S'il y avait une entreprise qui nous apporte de l'excellence, de la technologie et de nouveaux clients comme Boeing ou d'autres, oui nous regarderons. Mais ce n'est pas une fin en soi", a-t-il encore précisé.

Daher souhaiterait en priorité se renforcer sur le marché américain. "Nous devons renforcer notre présence aux Etats-Unis ces cinq prochaines années. Nous croyons beaucoup plus à des rapprochements transocéaniques parce que le marché américain est le premier marché mondial. C'est là que nous devons concentrer nos efforts".

Le groupe, qui va fêter ses 150 ans cette année, vise un chiffre d'affaires de 1,5 milliard à l'horizon 2017 contre 925 millions d'euros en 2012. En 2013, pour faire face à sa croissance, il devrait embaucher 400 personnes, soit le double de l'an dernier, pour renforcer son effectif de 7 500 salariés. Daher compte investir de l'ordre de 250 millions d'euros sur l'ensemble de ses métiers lors de ces cinq prochaines années.

Hassan Meddah

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