Dacia ouvre la route de la vente de voitures sur Internet
Par Rémy Maucourt - Publié le
La filiale de Renault va tester la vente en ligne en Italie. Une grande première, qui pose la question de la pérennité et du rôle des concessionnaires.
Le marché de l'automobile va t'il changer en profondeur ? Le constructeur Dacia lancera jeudi 15 septembre une expérience inédite : les clients italiens de la marque pourront acheter leur voiture sur internet. Selon la direction du groupe, une quinzaine de clics seront suffisants pour acheter un véhicule. Ces débuts restent modestes : seuls deux modèles seront disponibles à l'achat sur le site. Il s'agit de deux séries limitées de la berline Sandero. Les prix pratiqués seront les mêmes que dans les concessions.
Après l'électronique et les produits culturels, les internautes semblent prêts à acheter leur véhicule en ligne. Une étude de CCM Benchmark affirme même que la moitié des automobilistes serait susceptible d'acheter une voiture neuve sur internet, et que 5% l'ont déjà fait. Si les offres en ligne s'accompagnent de rabais, elle pourraient connaître un grand succès.
Les concessionnaires restent incontournables
"Tout le monde explore les possibilités de la vente en ligne." Pour l'analyste automobile Bertrand Rakoto, les constructeurs sont actuellement dans une phase d'expérimentation, dans les limites du système actuel. "On ne peut pas révolutionner la vente automobile aujourd'hui" affirme t'il. Des raisons logistiques (difficile de livrer une voiture) et légale gardent les concessionnaires au centre du système.
L'évolution du commerce automobile dépendra de leur positionnement. Les ventes en ligne posent problème aux concessionnaires, qui redoutent de voir disparaître leurs clients. Le système proposé par Dacia les inclut dans le processus : pour acheter une voiture, les internautes devront verser un acompte de 500 euros, et indiquer dans quelle concession ils comptent retirer leur véhicule. Ce système permet à Dacia d'affirmer que ce sont toujours les vendeurs qui gèreront les relations client.
Pourquoi pas une généralisation au groupe Renault ? "C'est vraiment une idée Dacia" affirme-t-on chez le constructeur. Le business model de Dacia se prète en effet à une transition en douceur vers le web. Il n'y a pas de négociation sur le prix des voitures, il s'agit en général d'un achat rationnel. Le changement est donc moins marquant pour Dacia que pour toute autre marque.
Vendre sur internet pourrait générer des économies, voire faire baisser le prix final des véhicules. Mais les constructeurs vont devoir négocier longuement avec les vendeurs actuels s'ils souhaitent développer ce mode d'achat. Bertrand Rakoto entrevoit une autre possibilité : "il serait plus facile qu'un concessionnaire vende lui-même sur internet".
La plupart des constructeurs expérimentent dans le domaine de la vente en ligne. Peugeot a ainsi vendu une centaine de 1007 sur ventesprivées.com en 2007. La même année, le groupe français a lancé Peugeot Webstore. Sur ce site, les clients peuvent choisir leur modèle et leurs options, et ont accès au stock des concessionnaires. Un service supplémentaire, mais pas vraiment de la vente en ligne. Renault, Citroën ou Ford ont mis en place des sites similaires.

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