Dossier

Cybersécurité : l'arme secrète du Made in France

Cybersécurité : Dix pépites à suivre

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Services de secours informatiques
© Sungard

  La France fourmille de pépites et start-up en cybersécurité, qui ne demandent qu’à s’adosser à de grands groupes pour devenir des ETI. Elles constituent la grande majorité des 800 acteurs que compte la filière française dans ce domaine. Coup de projecteur sur dix d’entre elles.

1. Netasq
La protection proactive des réseaux
Création en 1998
Implantation : Villeneuve d’Ascq
Effectif : 120 personnes
Chiffre d’affaires en 2011: 20 millions d’euros

Netasq développe des solutions tout-en-un de sécurité combinant anti-intrusion, anti-virus, anti-spam, etc. Leur originalité est d’offrir une protection proactive au système d’information en détectant non seulement les attaques déjà répertoriés, comme le font les solutions classiques, mais aussi les menaces encore inconnues. Son moteur de prévention des intrusions détecte les attaques en analysant le trafic, les flux des données et les comportements suspects sur le réseau de l’entreprise. Netasq revendique 25% du marché en France où elle affronte des concurrents américains comme Fortinet, Watchguard ou SonicWall. La société réalise 70% de son chiffre d’affaires en France et 90% en Europe. Elle vient d’être rachetée par Cassidian Cybersecuruty, mais reste indépendante. L’entrée dans le giron du groupe EADS dont Cassidian constitue la filiale sécurité est vue comme une opportunité pour se développer auprès des grands comptes et à l’international. Netasq espère ainsi porter son chiffre d’affaires à 50 millions d’euros dans deux ans.

2. Arkoon
La protection des sites sensibles
Création en 2000
Implantation : Lyon
Effectif : 90 personnes
Chiffre d’affaires en 2011: 12 millions d’euros

Arkoon édite des logiciels de protection de réseaux et postes de travail des opérateurs d’infrastructures sensibles. Elle propose des pare-feu, des solutions de chiffrement des données et des dispositifs de protection contre les attaques ciblées exploitant les failles nouvelles de sécurité. Sa dernière solution anti-intrusion HOST IPS fonctionne sur le principe de l’analyse comportementale pour garantir une protection proactive contre toutes les attaques, y compris celles dont la signature n’est pas encore connue. Arkoon affronte des mastodontes américains tels que Fortinet, Symatec ou McAfee. La société détenue à 60% par des fonds d’investissement est cotée en bourse sur le marché AlterNext à Paris. Après un trou d’air entre 2009 et 2011, elle renoue avec la croissance. Pour accompagner son développement, elle a besoin de lever des fonds ou de nouer un partenariat stratégique. Arkoon réalise 70% de son chiffre d’affaires en France et 85% en Europe.

3. Prim’X
Le chiffrement de données démocratisé
Création en 2003
Implantation : Paris
Effectif : 30 personnes
Chiffre d’affaires en 2011: 2,1 millions d’euros

Prim’X ambitionne de démocratiser le chiffrement de données. Elle propose trois produits : ZoneCentral pour la protection des données sur postes de travail, Cryhod pour le chiffrement des disques durs des terminaux portables et ZonePoint pour la protection de fichiers partagés sur serveurs. Ce dernier est présenté comme une solution unique en Europe. Il constitue une alternative à la sécurisation des mails pour créer un espace de travail collaboratif à l’abri des regards indiscrets. Ses produits ZoneCentral et Cryhod sont certifiés par l’ANSSI, l’agence de cyberdéfense française. La société réalise 85% de son chiffre d’affaires en France et le reste dans d’autres pays d’Europe. Elle fournit ses solutions de chiffrement notamment à Orange, à Bouygues Télécom et aux deux plus grosses banques françaises. Elle espère doubler son chiffre d’affaires dans 3 ans.

4. Brainwave
Les habilitations d’accès à jour
Création en 2010
Implantation : Paris
Effectif : 10 personnes
Chiffre d’affaires en 2012 : 1 million d’euros (prévision)

Brainwave édite un logiciel de gestion des habilitations d’accès au système d’information. Sa solution Brainwave Identity GRC permet de répondre à la question : qui a droit à quoi, comment et pourquoi dans le système d’information de l’entreprise. Son intérêt réside dans sa capacité à tenir à jour les droits d’accès à tous les systèmes informatiques et progiciels du marché (SAP, Oracle eBusiness Suite, Microsoft Sharepoint…). Elle a emporté le prix de l’innovation des Assises de la Sécurité des systèmes d’information en 2011. Elle équipe déjà plus de 20 entreprises, dont GDF Suez, BNP Paribas, Crédit Agricole, Eutelsat et Aéroports de Paris. Sur ce créneau, la société affronte de nombreux concurrents dont le géant allemand SAP mais aussi les américains Varonis, SailPoint ou Aveska. Elle concentre cette année son effort commercial sur des pays francophones (Suisse, la Belgique, Québec…) avant d’attaquer en 2013 l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

5. Atheos
La cybersécurité d’attaque
Création en 2009
Implantation : Rueil-Malmaison (92)
Effectif : 140 personnes
Chiffre d’affaires 2012: 22 millions d’euros (estimation)

Atheos développe des outils offensifs pour pénétrer dans les réseaux informatiques ou capter des communications mobiles…dans le but de mieux lister les vulnérabilités des réseaux de ses clients. Quasiment toutes les entreprises du CAC40 font appel à ses services, notamment pour son offre de gestion des habilitations et des identités. Elle veut se développer dans la sécurité des réseaux informatiques industriels. Un domaine nouveau qui va devenir un enjeu majeur dans les années à venir.

6. Olfeo
Un œil sur le trafic Web
Création en 2003
Implantation : Paris
Effectif : 50 personnes
Chiffre d’affaires 2012: 5 millions d’euros (prévision)

Olfeo édite des logiciels de passerelles Web destinés à filtrer le trafic Web de façon à protéger l’entreprise contre les utilisations illicites (au sens légal), abusives (jeux par exemple) ou à risque (virus, malware…). Ses solutions sont proposées sous forme d’Appliance (boîtier), logiciel ou service en ligne (SAAS). Olfeo se présente comme le seul acteur français sur ce créneau. La société fait face à des concurrents américains comme Bluecoat, Websens ou IronPort, avec l’avantage de mieux tenir compte de la réglementation française en matière de filtrage, conservation et gestion des connexions Web. Grâce à une croissance de l’ordre de 20% par an, elle voit son chiffre d’affaire augmenter de 1 million d’euros chaque année.

7. Dictao
Le coffre-fort électronique sécurisé
Création en 2002
Implantation : Paris
Effectif : 100 personnes
Chiffre d’affaires 2011 : 12 millions d’euros

Dictao édite des logiciels de cryptage destinés à sécuriser les échanges et le stockage de données. L’objectif est de garantir aux transactions en ligne le même niveau de confiance qu’en face à face. Certifiés par l’ANSSI, l’agence française de cyberdéfense, ses produits donnent aux transactions en ligne une valeur juridique probante. Le logiciel s’installe sur serveur, poste de travail ou téléphone. Il est commercialisé selon trois modèles : en tant que produit, en tant que service en ligne (SAAS) et en version pour mobiles. La société s’attend à une croissance de 20% par an.

8. Picviz Labs
L’analyse fine des données de sécurité
Création en 2010
Implantation : Lyon
Effectif : 8 personnes
Chiffre d’affaires 2012 : 300 000 euros

Picviz Labs développe un logiciel d’analyse de l’énorme volume de données récoltées par le dispositif de surveillance du réseau. Cet outil est issu des recherches menées à l’ENS de Lyon sur la topologie algébrique. La représentation graphique en deux dimensions des évènements survenus sur le réseau permet de détecter rapidement les problèmes et de réagir en conséquence. La société a reçu le prix de l’innovation des Assises de la Sécurité des systèmes d’information en 2012.  Son produit équipe déjà la Société Générale et BNP Paribas. Elle s’attend à un chiffre d’affaires de 800 000 à 1 million d’euros en 2013. Pour son développement, elle compte procéder à une levée de fonds de 600 000 à 1 million d’euros au premier trimestre 2013.

9. Keynectis
Les documents électroniques aussi sûrs que le papier
Création en 2004
Implantation : Issy-les-Moulineaux
Effectif : 120 personnes
Chiffre d’affaires 2012: 20 millions d’euros

Keynetics opère dans le domaine de l’authentification forte et de la signature électronique. La société édite un logiciel qui délivre des certificats numériques, sorte de cartes d’identité électronique indispensables pour la sécurisation d’accès au système d’information. Le certificat délivré réside sur une carte à puce, une clé USB ou la carte SIM de mobile. Elle propose également des services de signature électroniques qui donnent aux documents électroniques échangés en ligne (télédéclaration de TVA, transactions bancaires, réponses aux appels d’offre…) une valeur juridique probante identique à celle des documents en papier. Elle concurrence non seulement des français comme Bull ou CertEurope, mais aussi des américains comme Verisign. Leader en France avec une part de marché de 30%, elle table sur une croissance de 12 à 15% par an.

10. Wallix
La maitrise des risques liés aux utilisateurs privilégiés
Création : 2003
Implantation : Paris
Effectif : 50 personnes
Chiffre d’affaires : 3 à 5 millions d’euros en 2012

Wallix édite des logiciels de gestion des identités d’accès, notamment des utilisateurs privilégiés : administrateurs réseau, prestataires informatiques, auditeurs du système d’information, etc. Son produit WAB assure la traçabilité des connexions de ces utilisateurs dans le but de maîtriser les risques que leur usage fait peser sur le système d’information. La société affronte comme concurrents l’israélien Cyber-Ark Software et l’américain E-DMZ Security. Elle affiche une croissance de 40% par an sur un marché estimé à 150 millions d’euros en Europe. Elle espère atteindre 200 personnes dans 4 ans.

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2 réactions

Melinda | 06/12/2012 - 17H20

C'est dommage qu'on ne parle pas de Scan and Trust.

J'ai fait appel à eux car j'avais des doutes sur un site (et ça n'a pas manqué) Scan and Trust m'a informé grâce au scan que j'avais bien affaire à une arnaque. Je vois aussi qu'on en parle pas mal sur les forums alors que je n'ai entendu parler d'aucun de ces 10 sites.

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Vuesurtoits | 06/12/2012 - 15H44

Effectivement il y en a un paquet ! Mais beaucoup sont dans le consulting ou dans la e-reputation, etc. C'est un secteur très porteur.

A noter qu'il y a aussi Scan and Trust qui travaille sur la problématique de la confiance en utilisant de l'AI. J'ai vu le fondateur faire une conférence à Assas aujourd'hui. Impressionant. Ca fait plaisir qu'il se passe des choses en France.

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