Croissance molle au deuxième trimestre à 0,3%19/05/2008
Selon la Banque de France, les prochains mois seront marqués par une croissance au ralenti et un climat des affaires qui se dégrade.
Les signes de ralentissement économiques attendus pour 2008 se confirment. La croissance du Produit intérieur brut français ne devrait être que de 0,3% au deuxième trimestre, selon l'enquête de conjoncture mensuelle de la Banque de France (BdF). Soit moitié moins qu'au cours de trois premiers mois de l'année. Pourtant, grâce au rassurant premier trimestre à 0,6% annoncé par l'Insee, l'acquis de croissance pour 2008 à la fin juin serait porté, sauf récession majeure, à 1,6%, précise la BdF. Le scénario vient conforter Bercy et Matignon qui tablent sur une croissance comprise entre 1,7% et 2% cette année, après une première estimation entre 2% et 2,5%, révisée pour cause de crise financière internationale.Un « ralentissement, pas une chute » Les économistes, plus pessimistes que la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, avaient cependant prévenu qu'il serait difficile de reconduire les bonnes performances de la France au deuxième trimestre. En témoigne le climat des affaires dégradé en avril, publié conjointement par la BdF. L'indicateur a cédé trois points en avril à 101 après 104 en mars. C'est « son plus bas niveau depuis octobre 2005, quand il était à 100 », analyse l'agence Reuters. "La dégradation est assez cohérente avec ce qu'on a eu", indique Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel Leven, interrogé par l'agence. "Cela confirme un ralentissement marqué mais pas une chute forte, il n'y a pas de risque de récession", estime-t-il. En mars, tous les autres indicateurs économiques sont passés au rouge : inflation record (3,2 % sur douze mois), consommation des ménages en berne (-1,7 %, au plus depuis 2006), déficit du commerce extérieur (4,75 milliards d'euros), une reprise du chômage (+0,4%), une chute de la production manufacturière (-1,5%). Perspectives faiblement orientées Par ailleurs, « les perspectives d'activité pour les prochains mois restent faiblement orientées », analyse la Banque de France, même si selon les chefs d'entreprise interrogés, l'activité industrielle a légèrement progressé en avril. Le taux d'utilisation des capacités (83,2% contre 83,1% en mars), est resté stable mais « à un niveau supérieur à sa moyenne longue durée », le courant des commandes nouvelles a un peu progressé, notamment sur les marchés extérieurs. Quant aux carnets de commandes, même s'ils sont en baisse régulière depuis novembre 2007, ils restent bien fournis tandis que les stocks de produits finis sont « toujours proches du niveau jugé souhaitable ». Dans le détail, l'activité dans l'industrie automobile a légèrement baissé « tant chez les constructeurs que chez les équipementiers » tout comme dans l'agroalimentaire. L'activité commerciale s'est redressée en avril mais enregistre un repli à un an d'intervalle. A noter, le fort rebond de vente des produits industriels (+3,7%) après une baisse de 3,3% en mars. Carmela Riposa |
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