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Croissance et chômage: plus dure sera la rentrée

Le 08 juillet 2010 par Yann Le Houelleur
Crise euro trader
© Ludovic/REA

Ce jeudi 8 juillet, trois organismes ont publié des chiffres qui n'incitent pas à l'optimisme: la Banque de France annonce une croissance moindre que prévu du PIB français. Le FMI indique un essoufflement de la reprise dans les pays européens. Et l'OCDE s'inquiète des ravages du chômage. Tous insistent sur les risques portant sur la dette publique.

Chassez la réalité, elle reviendra au galop, à la rentrée. La plus cruelle, c’est que la France pourrait se voir confisquer «le rêve» gouvernemental de la croissance de 1,4 % de son PIB en 2010. La Banque de France, dans une étude datée du 8 juillet 2010, a en effet révisé à la baisse sa prévision de croissance pour le deuxième trimestre. Cette dernière devrait se limiter à + 0,4 % contre une estimation initiale de + 0,5 %. Pendant les trois premiers mois de l’année en cours, le PIB avait fait un tout petit pas en avant : + 0,1 %. Il faudrait donc que le rebond soit particulièrement vigoureux au second semestre pour parvenir à l’objectif de 1,4 % défini par le gouvernement.

LA FRANCE, VUE PAR LE FMI

1,4 % : c’est pourtant la croissance française envisagée cette année par le FMI, qui vient de publier un document d’actualisation de ses «pronostics» pour l’ensemble du monde. Or en avril, le Fonds monétaire misait sur une croissance, pour la France, de 1,6 %. A l’instar de l’Hexagone, plusieurs autres pays européens devraient souffrir d’une progression moins élevée qu'anticipé de leur PIB. En particulier l’Allemagne (+1,4 %, contre + 1,6 auparavant) ; l’Italie (+0,9 %, contre 1,1 %) et surtout, l’Espagne (-0,4 contre +0,6 %).

Si les pays de la zone Euro éprouvent du mal à retrouver un second souffle, appelés à croître de 1 % cette année, les pays développés, en général, devraient enregistrer une croissance de 2,6 % (contre 2,4 % prévus par le FMI en avril). Une chose est sûre: les pays émergents ne manqueront pas de mener la danse de la reprise mondiale : + 6,8 % (contre + 6,4 %).

La progression du PIB, pour l’ensemble de la planète, devrait atteindre 4,6 %, mais ces perspectives sont à relativiser, indique le FMI qui entrevoit des turbulences financières supplémentaires dans le ciel de la reprise mondiale. Le pessimisme manifesté par l’institution présidée par Dominique Strauss-Kahn se fonde sur les risques qu’encourt la dette publique.

DANS LA ZONE DE l'OCDE, AU MOINS 47 MILLIONS DE CHOMEURS


Regroupant 31 pays fortement industrialisés, l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique) rejoint le FMI sur ce point : une reprise modérée se dessine. Mais il ne faudrait pas considérer la crise comme un mauvais souvenir : elle a laissé des traces, dans le tissu de l’emploi.

Quelque 47 millions de personnes recherchent actuellement un emploi dans la zone de l’OCDE. Et encore, ce chiffre est en trompe-l’œil, puisqu’il double quand on prend en compte les inactifs et les salariés à temps partiel désirant travailler davantage. En mai 2010, le taux de chômage a même touché son plus haut point dans les pays de l’OCDE : 8,6 %.

Dans un document rendu public le 8 juillet également, L’OCDE insiste sur le dilemme auquel se heurtent les gouvernements : pour favoriser la relance et pour amortir les effets délétères de la crise sur les conditions de vie des ménages, ils ont accru la dépense publique. Certains ont même réduit les cotisations versées par les employeurs. Certes, la casse sociale s'en est trouvée amoindrie, mais la situation financière des pays concernés est maintenant critique.

DES RISQUES DE TROUBLES SOCIAUX


Bien entendu, les recommandations de l’OCDE n’ont rien à voir avec celles du FMI dont les dirigeants sont enclins à exiger des tours de vis budgétaires supplémentaires. L’OCDE préconise, au contraire, «la poursuite des programmes d’aides visant à dynamiser le marché du travail». L’auteur d’un rapport à ce sujet, John Martin, évoque la création nécessaire de 17 millions d’emplois pour renouer avec les niveaux d'avant-crise.

Angel Gurria, le secrétaire général de l’OCDE, a même tiré la sonnette d'alarme en redoutant que «des millions de personnes perdent le contact avec le marché du travail.» En définitive, une certaine hantise semble s’être emparée des responsables de l’OCDE: le chômage pourrait dégénérer en une série de malaises sociaux menaçant de rompre les grands équilibres au sein de la société.

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