Il n'y a pas que la crise dans la vie au travail. Ainsi, les fonctions commerciale et informatique constituent les deux moteurs de l'emploi d'aujourd'hui et de demain. De l'employé aux cadres supérieurs, tout le monde est concerné.
Les chiffres de l
'Apec sont éloquents. Depuis près de cinq ans, la fonction informatique demeure la branche qui recrute le plus. Elle représente ainsi environ un tiers des offres d'emploi cadres en
France.
Et la tendance devrait se poursuivre, car la tension sur cette fonction est forte. Ainsi, 74 % des entreprises déclarent avoir éprouvé des difficultés (48 %) voire de très grosses difficultés (26 %) à recruter des candidats informaticiens adaptés. D'après le
Syntec Informatique, les sociétés de service en ingénierie informatique (SSII) et les éditeurs de logiciels recruteront, en 2008, près de 40 000 personnes. Les salariés avec expérience devrait représenter deux tiers des embauches. Ce sont 13 200 jeunes diplômés qui trouveront ainsi du travail.
Les SSII recrutent en masse
Les candidats n'ont donc aucun souci à se faire. Ainsi, les sociétés de services comme
Unilog/LogicaCMG devrait embaucher 2 200 personnes en 2008,
Sopra group 1900,
Atos origin et
Stéria 1800,
Accenture 1600... Chez les constructeurs, des perspectives existent aussi mais elles sont de moindre ampleur.
« Il y a de moins en moins de centres de production de matériel informatique en France, à l'exception de certains grands groupes comme IBM, explique l'École française d'électronique et d'informatique (Efrei). Les emplois sont plutôt dans les SSII, chez les éditeurs ou dans les directions de service informatique des entreprises. »
Les commerciaux plébiscités
Autre source importante de recrutement : les emplois de commerciaux. Pour Francis Pétel, délégué national de l'
Observatoire permanent de la fonction commerciale, 2008 sera une très belle année pour les embauches de commerciaux. « Nous tablons sur une augmentation du nombre de recrutements des responsables commerciaux de 25 % de 2007 à 2008 ». Pour l'observatoire, la demande pour les jeunes diplômés concerne avant tout des commerciaux dont le niveau d'étude est supérieur à la licence (Bac +3). En revanche, il note une stagnation pour les diplômés de niveau Bac +2 et moins. A noter aussi que la demande concerne les salariés en activité plutôt que les débutants. Tous les types de fonction commerciale sont concernées. Aujourd'hui, la France compte pas moins 760 000 commerciaux en comptant ceux qui exercent dans les points de vente du commerce (mais en excluant les vendeurs en magasin).
Bien évidemment, plus la croissance du secteur est forte, plus les besoins en ressources humaines seront importants. Il en va ainsi des secteurs liés aux services, à commencer par les nouvelles technologies, la banque, l'assurance ou les services à la personne. L'assurance va ainsi recruter 2 000 jeunes diplômés Bac +4/5 et 4 000 jeunes Bac +2 en 2008.
« Nous nous dirigeons vers une concurrence sévère entre les secteurs pour recruter des jeunes diplômés», estime Norbert Girard, chargé de mission à l'
Oema (Observatoire de l'évolution des métiers de l'assurance).
L'audit et la comptabilité pour mieux contrôler
D'autres fonctions résistent aussi à la crise. C'est le cas de la comptabilité-finance. Pour Olivier Gélis, directeur général du cabinet de recrutement et d'intérim
Robert Half France, ces fonctions seront peu touchées par cette crise.
« Elles sont indispensables. Elles permettent de renforcer le contrôle. Cela rassure les dirigeants. On ne peut faire l'impasse sur l'audit. On en demande et on en redemandera. Car nous allons vers une société où les entreprises seront de de plus en plus régulées ».
Gwenole Guiomard
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