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L'Usine Maroc

Crise de la raffinerie Samir : le gouvernement marocain met la pression sur l'actionnaire Al Amoudi

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Publié le , mis à jour le 05/01/2016 À 19H00

Au Maroc, les négociations et surtout les tensions continuent entre le gouvernement et Sheikh Mohammed Al Amoudi, PDG de la raffinerie Samir en quasi faillite. Pendant ce temps, les saisies conservatoires opérées par les créanciers de la raffinerie pourrait déboucher sur la vente aux enchères de certains actifs de l'entreprise.

Crise de la raffinerie Samir : le gouvernement marocain met la pression sur l'actionnaire Al Amoudi
En 2014, la Samir qui a assuré jusqu’à la moitié de l’approvisionnement du Maroc en carburants
© samir

 

[mise à jour] Lors de sa participation au "forum de la MAP" mardi 5 février Mohammed Boussaïd, ministre des finances du Maroc a rappelé avec fermeté l'engagement d'augmentation de capital prise par les actionnaires de la Samir ce mois d'octobre (sous entendu le principal d'entre eux Mohammed Al Hammoudi). Et déclaré à l'agence de presse : "Le temps du chantage est révolu".

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Plus de six mois après l’arrêt brutal d’activité pour cause de graves difficultés financières de la Samir, unique raffinerie du Maroc, située à Mohammedia près de Casablanca, les perspectives de sortie de crise ne cessent de s’éloigner.

Et les tensions entre le gouvernement marocain et l’homme d’affaires saoudien, Sheikh Mohammed Al Amoudi (photo ci-dessous), patron de Corral Petroleum Holdings AB, actionnaire à 67,27% de la raffinerie continuent de monter d’un cran ,chaque jour ou presque.

L’engagement pris par le Conseil d’administration de la Samir, le 15 octobre dernier, de procéder à une augmentation de capital de 1 milliard de dollars a désormais rétrospectivement tout du coup de bluff de Mohammed Al Amoudi.

L’homme d’affaires saoudien conditionne l’augmentation de capital de la Samir à la levée de la saisie conservatoire de la Douane à laquelle la Samir doit près de 13 milliards de dirhams, d’après les propos de son représentant tenus lors d’une réunion au tribunal de Commerce de Casablanca le 29 décembre 2015, rapportés par le site Media24.

Le 15 novembre, date butoir de l’opération, Mohammed Al Amoudi a adressé, toujours selon Medias24, une lettre au gouvernement pour demander un règlement amiable de leur différend dans les 4 mois. Au-delà, le PDG de la Samir annonce qu’il se tournera vers le CIRDI, le Centre International de la Banque mondiale pour le Règlement des Différends Relatifs aux Investissements. Une procédure de règlement à l’amiable a été ouverte auprès du Tribunal de Commerce de Casablanca le 30 novembre.

La douane marocaine est cependant loin d’être le seul créancier de la Samir. La Wilshire Corporation réclame aussi son dû, selon TelQuel. L’entreprise américaine qui vend habituellement des équipements aux entreprises de restauration a obtenu une saisie conservatoire des biens d’équipements de la raffinerie, jusqu’au mobilier de cantine qu’elle lui a vraisemblablement vendu sans jamais être payée en retour. Une vente aux enchères de ces biens est programmée le 12 janvier, sauf recours suspensif de la Samir.

Si la vente a lieu, elle privera les employés de la Samir, au chômage technique depuis août dernier, de leur outil de travail, voire la raffinerie de sa capacité à reprendre un jour son activité.

Cette vente serait également une première qui pourrait donner le coup d’envoi du dépeçage de la raffinerie. Selon ses comptes publiés fin 2014, la Samir devait alors plus de 11 milliards de dirhams à ses fournisseurs. La banque BNP Paribas, rapporte le site le 360.ma, a ainsi déposé une cinquantaine de requêtes en saisie conservatoire. Selon Africa Intelligence, certains de ses créanciers ont même déposé des plaintes à Londres.

Le gouvernement et notamment le ministre de l’Energie Abdelkader Amara, a constamment affirmé ces derniers mois sa volonté de voir se faire payer les dettes fiscales et sociales du groupe, tout en écartant une éventuelle nationalisation.

Pour rappel, en 2014, la Samir, qui a assuré jusqu’à la moitié de l’approvisionnement du Maroc en carburants, avait enregistré une perte de 3,4 milliards de dirhams (1 000 dirhams = 92 euros) pour un chiffre d’affaires de 44 milliards de dirhams.

En 2013, le groupe avait dégagé un résultat net positif de 320 millions de dirhams. C’était il y a bien longtemps.

Julie Chaudier, à Casablanca

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