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L'Usine Aéro

Crash de l’A400M : "Il ne faut pas enterrer le programme sur un accident", selon Jacques Gautier

Hassan Meddah , , , ,

Publié le

Entretien Jacques Gautier, sénateur des Hauts-de-Seine et vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, ne conçoit pas qu’on puisse abandonner le programme d’avion de transport militaire d’Airbus. Selon l’élu, certains pays risquent de réduire leurs commandes d’A400M et les éventuels surcoûts liés à la correction du programme devraient incomber à l’industriel.

Crash de l’A400M : Il ne faut pas enterrer le programme sur un accident, selon Jacques Gautier
Jacques Gautier, sénateur des Hauts-de-Seine et vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées.
© DR

L'Usine Nouvelle : Suite au crash de Séville, faut-il prendre la décision de clouer les A400M au sol ?

Jacques Gautier : Il ne faut tirer des conclusions hâtives. L’accident est-il lié à un arrêt moteur ? Au fait que l’appareil ait heurté les lignes à haute tension sur son retour ? On n’en sait rien. Est-ce un problème majeur lié à un équipement critique ou un problème mineur lié à la maturité de l’appareil ? Les boites noires nous le diront. Ma conviction est que l’A400M est un bon appareil. J’ai eu l’occasion de le prendre à plusieurs reprises et encore mercredi dernier (6 mai, ndlr) entre Villacoublay et Lyon, dans le cadre d’un déplacement avec le ministère de la Défense. J’ai pu vérifier les immenses qualités de cet appareil.

Il est capable d’aller vite et loin, à Mac 0,72, quasiment à la vitesse d’un avion de ligne commercial tout en sachant se poser sur des pistes sommaires. Il est capable de franchir plus de 7000 kilomètres avec une charge moyenne et sa soute peut contenir deux hélicoptères Tigre ou encore un véhicule blindé comme le VBCI. Les forces françaises ont besoin d’un tel appareil pour remplir leurs missions.

Toutefois, toutes les fonctionnalités promises ne sont pas au rendez-vous...

Comme pour tous les nouveaux matériels militaires, il y a un temps de maturation. Les fonctions de largage des parachutistes et de ravitaillement des hélicoptères promises et pas encore disponibles et viendront en leur temps. Il faut environ dix ans pour qu’un tel appareil mature.

Regardez le Rafale. Il est né au début des années 90 et est entré en service dans la marine nationale en 2004. L’A400M est un avion bien né qui monte en puissance. Il ne faut pas enterrer cet avion sur un accident. Par ailleurs, Il n’y a aucun appareil pour le remplacer. Il est là pour les vingt ans qui viennent. Cela paraît irréaliste de s’engager dans un nouveau développement.

Quelles pourraient être les conséquences de ce crash pour les Etats ? Et pour Airbus ?

Je n’envisage pas un seul instant que l’on puisse abandonner le programme. Certains pays vont peut-être réduire leur niveau de commandes. L’Allemagne avait commandé à l’origine un grand nombre d’appareils pour maximiser son retour industriel mais elle a ensuite réduit sa commande de 70 à 60 appareils environ. Ce qui s’explique par sa possession de C130 et C160 encore opérationnels.

S’il faut remettre de l’argent pour corriger et relancer le programme, je ne suis pas sûr que les sept pays à l’origine de celui-ci contribuent à un nouvel effort, alors qu'ils ont déjà été sollicités par Airbus pour absorber les surcoûts initiaux. Ils vont sûrement considérer que c’est une erreur de l’avionneur.  

Propos recueillis par Hassan Meddah

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